La technologie n’est rien sans l’appropriation
ou
L’histoire du déploiement raisonné d’un campus virtuel

 

Jacques DIGOUT, Docteur en informatique, Professeur Groupe ESC Toulouse, Responsable du Mastère Spécialisé en Marketing Communication Commerciale, Directeur du Groupe de Recherches Appliquées « Internet Marketing _ e-Commerce », chargé du Déploiement des Technologies Educatives.

« Le succès rend arrogant. L’arrogance conduit à l’échec »

RESUMÉ
Le présent article analyse le déploiement et cherche à dégager les facteurs clés de succès d’un campus virtuel mis en place dans le cadre de l’ESC Toulouse, Groupe de formation français au management.
Une première partie de l’article est consacrée au contexte et à l’historique du projet.
Issu d’une initiative individuelle de quelques enseignants en 1998, il aboutit à un projet stratégique retenu par le Comité de Direction du Groupe ESC en 2002 dans un plan à trois ans. Ce parcours est riche d’enseignements. Il souligne l’intérêt d’une démarche itérative pour la conception et le déploiement. Il éclaire aussi sur les différents niveaux d’objectifs assignés à l’opération à l’heure actuelle. Parmi ces objectifs figure, bien sûr, l’amélioration du service pédagogique rendu aux étudiants. Mais est également présente la volonté de simplifier la vie administrative afin d’autoriser une absorption de la croissance prévue au niveau de la mise en place de nouveaux programmes. Enfin, la contribution au marketing de l’établissement et de ses formations par l’effet de levier que constitue l’image technologique n’est pas oubliée par la Direction.
Le Campus en lui-même est présenté dans une seconde partie. Sont expliquées les raisons qui ont conduit l’ESC Toulouse, suite à l’analyse détaillée de quatre plates-formes commerciales de type campus virtuel, à opter pour un développement spécifique. Limites pédagogiques, coût financier, impact sur l’organisation, environnement propriétaire fermé figurent au nombre des raisons de la recherche d’une voie différente et du recours à un développement spécifique.
Certaines des fonctionnalités utilisées avec les élèves dans le campus en ligne de l’ESC Toulouse seront alors présentées. Il sera montré comment des outils habituels de l’environnement Internet, tels que les forums ou les chats par exemple, ont été enrichis afin de pouvoir trouver leur pleine dimension dans une pratique de formation. Seront aussi présentées des fonctions moins habituelles et plus spécifiques à la formation comme la remise de travaux en ligne, la mise au point de guide de questionnements interactifs, … Mais, au-delà de la simple description des fonctions disponibles sur le campus, il est surtout intéressant de noter comment l’outil a su faire glisser les enseignements d’un modèle pédagogique « hiérarchique » où l’essentiel du savoir est apporté par l’enseignant, à un modèle beaucoup plus « transverse » où les apports sont également faits d’élève(s) à élève(s), le tout coordonné par l’enseignant. Quelques modules de cours ainsi « 
e-transformés» seront présentés dans les exemples.
Enfin, une troisième partie expose l’organisation mise en place pour l’accompagnement du déploiement. Deux spécificités seront retenues pour l’exposé :

En guise de conclusion, seront présentés en fonction des retours faits par les utilisateurs, les axes de développements en cours et à venir. Ces évolutions concernent principalement l’intégration dans les fonctionnalités du produit de deux souhaits exprimés par les étudiants utilisateurs :

Ces deux demandes ont été choisies dans notre conclusion afin de souligner le bien fondé des approches sociologiques des comportements des élèves-usagers qualifiés dans la littérature de « génération Y ».



I - L’HISTOIRE ET LE CONTEXTE ...

L’ESC Toulouse est un groupe international de formation créé en 1903. Cent ans plus tard, pour l'année universitaire 2002-2003, ce sont environ 4 000 personnes qui y suivent des formations au management : étudiants de l'École Supérieure de Commerce, de Mastères Spécialisés et de MBA, de l'Institut Européen de Négociation ou stagiaires de formation continue. Parmi ces étudiants, plus de 60 nationalités différentes, plus de 400 étudiants pour une partie de leur scolarité à l’étranger dans plus de 50 Écoles et Universités partenaires, …
En guise de résumé rapide, il s’agit d’un établissement privé. A la fois jeune au regard d’autres entités de formation qui affichent depuis déjà longtemps des compteurs de bougies d’anniversaire à trois chiffres, mais ancien par rapport à d’autres organismes. Qui évolue dans un environnement fortement concurrentiel au plan national et international. Qui de ce fait est confronté à des normes différentes et bénéficie d’une culture importée chaque année par des participants habitués dans d’autres établissements à des pratiques et des outils variés.

Cet environnement concurrentiel, ces pratiques pédagogiques où la norme est autre et aussi une nécessité budgétaire ont amené le Groupe ESC à faire équiper ses étudiants de façon individuelle d’un ordinateur portable depuis plus de quinze ans maintenant. De la simple machine à écrire sophistiquée des débuts, l’ordinateur portable est aujourd’hui une composante essentielle de la pédagogie. Les grandes étapes de l’évolution ont été balisées par un premier virage avec l’adoption de machines dotées de lecteurs de CD, ce qui a rendu possible l’usage de programmes d’autoformation. Puis ce fut un nouveau cap avec l’arrivée d’Internet les possibilités d’ouverture vers l’externe et entre les étudiants eux-mêmes. Le sans fil est à ce jour en passe d’amplifier le phénomène, permettant de dire que l’objectif pédagogique initial, purement informatique, a été atteint : banaliser l’usage des ressources informatiques utiles pour manager.
En 1997, un programme de formation de troisième cycle du Groupe, le Mastère Spécialisé en Marketing & Communication commerciale, comptait une vingtaine d’étudiants et présentait un plan de développement qui devait le conduire en trois ans à une centaine de personnes suivant la formation, dont un groupe en anglais composé d’étudiants étrangers, et des groupes d’étudiants localisés hors de Toulouse à l’étranger. Ce développement supposait l’anticipation de la mise en œuvre de nouveaux moyens pour :

Le recours aux technologies éducatives était une solution. En particulier, le campus virtuel et les diverses ressources qu’il était possible d’y associer pouvaient constituer un apport intéressant sur ces trois plans : il était vu comme permettant de garantir une pédagogie de proximité en dépit de l’augmentation des effectifs, il limitait l’augmentation de la charge administrative d’encadrement pour des secrétariats déjà saturés, il permettait de se différencier par rapport à la concurrence des autres Ecoles de Gestion à visibilité internationale.

Fig 1 – Trois objectifs complémentaires pour le campus virtuel



Dans le cadre de son développement et de son positionnement en troisième cycle, ce Mastère est articulé autour de trois entités complémentaires :

  • La partie formation qui assure les enseignements, vise à l’actualisation du programme, ...
  • Une partie entreprise, véritable club de partenaires, qui aide dans les interventions, les sujets d’applications proposés, ...
  • Et une partie recherche qui aide à la production de savoirs. Cet élément étant intégré dans l’un des quatre laboratoires de recherche du Groupe ESC Toulouse dénommé Centre de Recherches Appliquées « Internet, Marketing & e-Commerce ».
Ces trois entités oeuvrent avec le souci d’une complémentarité :
  • La recherche produit des travaux utiles pour la formation et diffusés aux entreprises au travers de publications, de conférences, de club de partenaires, ...
  • Les entreprises apportent des matériaux pédagogiques et sujets de recherche appliqués.
  • Les étudiants interviennent dans les entreprises ou en appui sur les activités de recherche, ...

Fig 2 – Trois entités en synergie

Dans un objectif de fonctionnement optimum de cercles vertueux, l’ensemble étant regroupé sous l’autorité du même responsable et supervisé pour les évaluations et l’aide aux orientations par un conseil de Perfectionnement unique.

II - HISTORIQUE
En premier lieu, en 1996 et la date a son importance, une analyse de quatre solutions proposées sur le marché pour la mise en œuvre de plates-formes de type campus virtuels fut faite. Elle confirma l’idée que leur mise en place dans le contexte de l’ESC Toulouse n’était pas une solution idéale. Trois limites à ces campus ont amené à suivre une autre piste : des technologies ‘propriétaires’, des modifications organisationnelles lourdes tant pour la pédagogie que pour l’administratif et enfin l’importance des allocations budgétaires à prévoir.
En 1997, il fut donc produit un premier logiciel, ‘bricolé’ sur la base des compétences d’une petite équipe d’enseignants en interne complétée de quelques étudiants passionnés. L’année suivante, bien que les premiers apports aient été difficiles à estimer, un budget de 7500 ¤ a été dégagé afin de faire appel à de la sous-traitance pour mettre au point la version 1 du campus. Le prestataire retenu, une société de développement Internet locale, acceptant d’abonder le budget alloué par des journées qu’il a qualifiée de « recherche et développement » pour les personnels de sa structure.
L’équipe initiale d’enseignants faisant partie d’un Centre de Recherches Appliquées du Groupe ESC, il fut assez naturel de proposer dans le cadre d’un appel à projet l’utilisation des premiers outils mis au point. En 1999, un contrat de recherche national a ainsi été obtenu et a permis d’aider à la mise au point d’une version 2, plus ambitieuse, mais toujours dans la logique de base d’un campus virtuel constitué d’éléments complémentaires, briques de bases pouvant être activées ou non au choix de l’enseignant. Autre élément important imposé dans cette évolution des versions, la nécessité d’une compatibilité des différentes versions avec les données précédemment produites, ceci garantissant que les travaux de mise en forme faits par un enseignant sur la période précédente puissent être réemployés. Ce premier contrat de recherche sur deux années a été complété d’un second qui lui aussi a permis d’enrichir les fonctionnalités et de stabiliser la plate-forme.
En 2001, après une observation sur la durée des pratiques réalisées autour du e-learning (terme générique et vague s’il en est !) un choix stratégique du Groupe ESC a été fait avec la décision par le Comité de Direction de mettre au point une version 3 du campus, à déployer sur l’ensemble du Groupe, de façon progressive, dès la rentrée universitaire 2002.
A posteriori, il peut être relevé que ce fut (c’est encore aujourd’hui) une démarche progressive, basée pour partie sur les compétences internes présentes dans le Centre de Recherches Appliquées IMeC, complétées par des prestataires extérieurs pour les aspects de mise en production « industrielle » des logiciels. Un logiciel spécifique a été conçu sur le principe des « briques de Lego », de telle sorte que chaque élément nouveau puisse venir enrichir la version précédente sans la remettre en cause et assure une parfaite compatibilité des données déjà disponibles.


III - LES FONCTIONS DU CAMPUS VIRTUEL

Trois composantes intégrées entre elles fournissent aux personnels administratifs et aux enseignants de l’ESC Toulouse des ressources complémentaires pour leur utilisation de l’outil e-learning : une plate-forme d’appui en ligne à la formation, un outil de production de contenus ‘rich-media’ et un outil de production de contenus diffusés en lignes.

III.1 - La plate-forme d’appui en ligne
Il s’agit ici d’un dispositif, accessible par Internet, où chaque étudiant en fonction de son profil se trouve dans un environnement de travail personnalisé.

Fig 3 – Accueil de la plate-forme d’appui

Classiquement, une identification par login et mot de passe en contrôle l’accès. Un peu moins classiquement, en fonction du statut identifié de l’utilisateur les informations affichées se sélectionnent, mais surtout les autorisations d’actions et les accès aux diverses parties et aux autres participants au site se personnalisent.

Trois parties structurent la plate-forme :

Les espaces
Dans cet environnement, l’étudiant trouve des ressources mises à disposition par ses enseignants ou par l’administration (supports administratifs, plannings, ...). Il dispose également d’autres modules dits « satellites », rendus accessibles par le responsable de l’espace comme des forums, des chats, ...

Fig 4 – Modules satellites activables

Chaque module, même les plus classiques habituellement disponibles sur le web, est repensé en fonction d’une utilisation pédagogique : par exemple le chat permet d’extraire le contenu dans un fichier diffusé ensuite au participants, le forum permet aux élèves d’une part et aux enseignants d’autre part de noter les participations, ...

Le casier
L’étudiant a la possibilité d’interpeller directement ses interlocuteurs, qu’ils soient étudiants, enseignants ou administratifs selon diverses possibilités : forums, chats, ou un casier, équivalent à un ‘web-mail’ spécialisé grâce à des sélections spécifiques de destinataires par nom, par espaces de travail, par groupes, par classes, ...

 

Les cours


Fig 5 – Une séance de cours pour un élève


Mis en place par les enseignants qui le souhaitent, les cours sont disponibles selon un principe identique aux espaces. Chacun peut être découpé en séances, sous séances, ... selon une profondeur non bornée. Pour chaque séance, l’affectation de modules satellites spécifiques peut être effectuée.

III.2 – Production de contenus en ligne
( Proposer aux étudiants d’avoir leur propre page Internet pour à la fois se présenter en interne aux autres étudiants et aux enseignants. Mais aussi pour pouvoir se présenter aux entreprises qui recrutent des stagiaires ou des collaborateurs.
_ Proposer en ligne des contenus de polycopiés enrichis de l’interactivité que peut apporter sur certaines parties l’Internet : chat et forums de discussion, association à des parties de questions fréquemment posées ou d’annuaires de ressources alimentés par les élèves, ...

Fig 6 – Exemple de contenus produits en ligne


_ Production de contenus directement par les étudiants et mis à disposition des autres membres de la communauté apprenante comme des fiches de lectures ou autres.
Voici au moins trois motivations à valeur ajoutée qui militent pour la mise au point d’un outil permettant de produire ce contenu en ligne. Sous réserve que ceci ne suppose pas l’apprentissage par l’auteur d’outils spécifiques de production Html, de transfert de fichiers, ...
La réponse à été la mise au point d’un produit dont le fonctionnement est scindé en deux temps : en premier la production par un personnel dédié d’un « gabarit » du site qui va recevoir le contenu en ligne ; puis la seconde la mise en place du contenu directement par l’auteur.


III.3 – Production de contenus « rich-media »
L’idée fut ici de permettre aux enseignants de mettre des supports d’autoformation à la disposition des élèves. Ceci sans efforts démesurés économiquement ou techniquement. D’où la mise au point d’un produit permettant de synchroniser des images issues par exemple de transparents dont dispose chaque enseignant, avec une vidéo numérique enregistrée spécifiquement.
Outre les contenus des cours eux-mêmes, sont proposés par ce biais des présentations en ligne de programmes pour les futurs candidats.

 


Fig 7 – Exemple de support d’autoformation



IV - METHODOLOGIE D’ORGANISATION
Une réflexion sur l’organisation a été menée en amont et est poursuivie en accompagnement du déploiement de la plate-forme.
Même si le propos de cet article n’est pas de rentrer dans le détail des travaux conduits par ailleurs sur le thème de l’appropriation de l’innovation, deux éléments importants nous semblent utiles à reprendre ici :

 

 

Fig 8– individu au travail

 

L’individu au travail
Il s’appuie sur des outils et sur des méthodes. Son ‘équilibre’ repose sur le dosage qu’il a progressivement construit de ces deux éléments. Tout un débat consiste à savoir si en période de mutation il convient de créer une rupture en profitant de cette période pour modifier à la fois les méthodes et les outils ou si, au contraire, une démarche progressive est à préférer visant à modifier en premier lieu soit les outils, soit les méthodes, avant de passer dans un second temps à la modification de l’autre élément. Pour ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de modifier en premier les outils, puis dans un second temps les méthodes. C’est ainsi que les secrétariats déposent sur le campus des documents issus de leurs fonctionnements antérieurs et dont la refonte permettrait de gagner encore plus en productivité grâce à des pratiques de ‘workflow’ ou de travail collaboratif. C’est ainsi que les enseignants font du ‘théâtre filmé’ en présentant leurs transparents classiques devant une caméra numérique pour diffuser ensuite en ligne ces éléments synchronisés entre eux. Etc.
Il convient cependant de relever que la démarche, si elle dissocie systématiquement outils et méthodes dans la mutation, n’est pas uniforme sur l’ensemble du processus de travail d’un même individu : pour certaines parties c’est l’outil qui est modifié alors que la méthode reste stable et pour d’autres parties, ce sera la méthode qui sera adaptée dans un premier temps sur un outil inchangé.


Motivation

 

Fig 9 – La courbe de motivation

Le processus de motivation n’est pas un processus linéaire. Au risque de paraître trop général, on peut cependant dans bien des cas distinguer trois phases. La phase initiale d’enthousiasme, souvent déraisonnée, est généralement suivie par une chute du moral du fait de la confrontation aux difficultés et à la mesure des réalités décevantes par rapport aux espoirs initiaux. Puis, le temps passant, une vision plus réaliste s’installe. Le domaine du e-learning n’échappe pas à cette règle. Il n’est pas souhaitable à notre sens de vouloir gommer le phénomène, au contraire, il est nécessaire de le laisser se développer en l’accompagnant car il fait partie intégrante du processus d’appropriation et d’apprentissage.

Quatre composantes majeures de l’organisation mise en place pour l’accompagnement nous semblent mériter d’être soulignées ici :
Un maître d’œuvre interne ...
Nous l’avons dit, c’est une entité interne qui assure les propositions d’évolutions. Véritable « bureau d’études ». Le choix d’une maîtrise en interne des développements dans un environnement non propriétaire a été fait volontairement dès le début du projet. La modularité des solutions Internet autorise à moindre frais cette orientation. Elle a l’avantage de permettre des outils en accord avec les attentes locales. Elle a aussi l’inconvénient de la mise au point, souvent fastidieuse, des produits. Elle complète la volonté de progressivité de la démarche qui a été faite.
Le rattachement à un centre de recherche, par définition prospectif dans ses réflexions, permet la mise au point de cahiers des charges et de maquettes aux fonctionnalités novatrices par rapport à ce qui peut être proposé sur le marché. L’appui à une entité extérieure est alors une nécessité qui permet une « industrialisation » des applicatifs aidant à finaliser les détails des interfaces et à tenir entre autres des délais. Eléments qui ne sont pas toujours la préoccupation majeure des équipes de chercheurs ...

Un point d’entrée à valeur ajoutée
L’administratif a été vu comme le domaine où il était possible le plus rapidement d’obtenir des gains de productivité significatifs, et visibles. C'est-à-dire à même de motiver les personnes à entrer dans le processus. C’est pourquoi le choix d’un déploiement passant par les secrétariats des programmes a été fait avec une recherche d’effet d’entraînement vers les autres personnels, dont les enseignants.
De façon indéniable cet élément est une composante forte du succès de la démarche.

Un réseau animé de correspondants
Reprenant ici des leçons de l’époque des années 80, où il convenait de déployer des applications de bureautique sur un nombre important d’utilisateurs, une organisation de proximité, basée sur des correspondants par service ou par regroupement d’utilisateurs a été mise en place. Ces correspondants, personnels administratifs, enseignants ou étudiants, ont en charge d’une part l’aide à leurs homologues et d’autre part la remontée d’informations. Ils sont aussi le point d’information pour aider à l’orientation vers des fonctions encore peu ou pas exploitées dans la plate-forme.

Un Observatoire des pratiques
Il est difficile d’imaginer à priori tous les impacts de l’utilisation d’un tel dispositif sur la pédagogie, sur l’administratif, sur les infrastructures, sur les statuts des personnels, ... Aussi a été mis en place un « Observatoire des Pratiques du e-Learning ». A ce jour uniquement interne au Groupe ESC Toulouse, cette structure a vocation à voir son périmètre étendu dans des partenariats avec d’autres établissements.



V - CONCLUSION
En guise de conclusion, nous allons reprendre les éléments qui méritent selon nous d’être relevés dans le cadre du déploiement du e-learning à l’ESC Toulouse, puis nous dirons un mot des perspectives d’extensions qui nous occupent actuellement.
Un point de non retour ...
En résumé, l’augmentation des volumes, la croissance inférieure des moyens en logistique pédagogique et administrative (enseignants, heures de cours, secrétariat, ...), l’évolution des normes de qualité pédagogique, la nécessaire recherche de labels d’accréditation internationaux, l’émergence de nouveaux marchés, … ont été les composantes de la motivation initiale. A ce jour, le pas franchi, la marche arrière n’est plus possible.
Démarche progressive en fonctionnalités et en programmes concernés
Les intérêts personnels de quelques enseignants, dopés par des opportunités de contrats de recherche qui se sont trouvés à la croisée de l’aspiration de premiers programmes pédagogiques ont donné une démarche nécessairement progressive qui a aidé au plan de la mise au point et de la communication par la preuve à l’ensemble des autres acteurs administratifs, formateurs et étudiants. C’est probablement là un des points incontournables du relatif succès de la démarche.
Si le point d’entrée a été administratif, la valeur ajoutée pédagogique est abordée dans un second temps par les enseignants au travers de fonctionnalités qui permettent aux étudiants de produire eux-mêmes du savoir à destination de leurs pairs. Cette chronologie dans l’appropriation par l’enseignant, d’abord administratif puis pédagogie, est maintenant reconnue en interne comme un point fort repris pour les nouveaux venus dans l’utilisation de l’environnement.
Démarche progressive également dans la mise en œuvre auprès des différents programmes concernés afin de faire jouer l’effet d’exemple et de créer une certaine demande de la part d’autres programmes non encore équipés.
Seuil critique
Si, comme nous venons de le voir, une démarche progressive est souhaitable pour l‘appropriation par les personnes et pour la dissémination vers les programmes concernés, il y a pour l’étudiant lui-même une notion de seuil critique.
Plusieurs raisons vont dans ce sens.
L’investissement de départ qu’il aura à faire en terme d’apprentissage de l’environnement sera réellement rentabilisé par lui s’il a la possibilité de l’employer sur un nombre important de cours. La plate-forme sera incontournable si chacun de ses modules l’utilise. Les contenus seront riches si un nombre significatif d’étudiants participe effectivement à la vie de l’outil. Etc.
D’où une attention particulière pour les personnes en charge du déploiement afin que l’environnement complet de l’étudiant puisse être porté dans un contexte de e-learning.
Autonomie des responsables de modules
Tout en gardant les notions de progressivité et d’accompagnement dans la démarche vue précédemment, il est important que chaque responsable de module puisse être autonome non seulement pour les informations à diffuser vers ses étudiants, mais aussi dans la structure des espaces où il les retrouve : des fonctionnalités nouvelles pourront être ouvertes directement par l’enseignant et d’autres définitivement ou temporairement fermées. C’est pourquoi, partant de la duplication de structures assez standardisées en début d’apprentissage, le temps permet maintenant de constater que les formateurs ont adapté, pour la majorité d’entre eux, cette base de départ.

La réalité des actions déployées montre que la valeur ajoutée pédagogique existe au travers de l’usage de tels outils d’accompagnement de la formation. Deux axes majeurs d’apports se dégagent à ce niveau :
Transversalité des échanges
Les étudiants ont la possibilité de réagir grâce aux outils proposés comme les chats ou les forums associés à leurs espaces ou à leurs cours. Ils emploient largement ces ressources amenant ainsi un réel plus au déroulement des formations. Ces phénomènes sont à susciter et à amplifier par les enseignants
Production de contenus
La possibilité de proposer à l’étudiant la production et à la mise en ligne sur Internet, hors de toute contrainte technique, de contenus a été testée par quelques enseignants au travers d’applications de réalisation de fiches de lecture d’ouvrages, de dossiers documentaires et pédagogiques, ... Ces exposés d’un nouveau mode se révèlent très riche et particulièrement motivants pour les étudiants.
Il appartient à l’enseignant qui a intégré les avantages pédagogiques qui peuvent être retirés des dispositifs de e-formation proposés de susciter ces exercices « d’intelligence collaborative » de la communauté apprenante en imaginant les façons de lier les deux aspects ci-dessus : de la production de contenus, enrichie par les contributions des pairs de l’étudiant.


Bibliographie

Publications

[KEL98] Kelly Kevin (1998) “ New rules for the new economy ” Edition Viking.

[BROW98] Browning Jojn, Reiss Spencer “ Encyclopedia of the new economy ” Andersen Consulting / Wired

[DEN99] Denyse Gilbert « Guide de conception pédagogique et graphique des sites W3 éducatifs » APTIC Université de Laval Québec

[ORA99] Oravep « Etude comparative technique et pédagogique des plates-formes pour la formation ouverte et à distance » 

[HAG99] « Bénéfices sur le Net » Hagel J, Armstrong AG Editions d’Organisation (1999). (titre US : Net Gain : expanding markets thrugh virtual comunities)

[RAP99] « Les nouvelles règles de l’Internet Economy, Creating Value For The Millenium » Richard Raphaël (1999)

[SHA99] « Information Rules » SHAPIRO / VARIAN Business School Press - 1999



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