Une expérience d’activité collaborative à distance à l’école élémentaire : l’élaboration d’un dossier artistique.

Proposition d’atelier

Stéphane Edet
Professeur des écoles
Docteur en sciences de l’éducation
de l’université de Caen
Courriel :
Adresse : 67 rue Henri Champion 72100 Le Mans


Cette communication rend compte d’une expérience d’activité collaborative menée dans le cadre de la mise en œuvre de structures d’échanges utilisant les nouvelles technologies entre deux groupes scolaires distants. Elle propose une réflexion autour de l’une des activités, concernant deux classes de CM2 de chacune de ces écoles au cours du premier trimestre de l’année scolaire 2002-2003.
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I- Contexte
Les deux écoles se sont engagées depuis trois ans dans une démarche d’utilisation des nouvelles technologies : recherches documentaires, échanges, appui sur les didacticiels. Cette volonté commune a suscité le rapprochement d’expériences et a débouché sur un projet de regroupement technologique en vue de promouvoir des activités collaboratives entre les deux établissements.
Le projet des deux classes de CM2 était la constitution collective d’un dossier portant sur la connaissance des grands peintres, pour la réalisation d’une exposition commune en fin d’année. Il s’agissait également de proposer aux élèves un autre contexte de recherche de connaissances par la mise en œuvre d’une perspective communicationnelle et d’un partage de ressources.


-II- Projet

Nous aborderons quatre points :

Les objectifs et les modalités didactiques
L’activité collaborative à distance demande une implication mutuelle des apprenants dans un effort de coordination afin de réaliser une tâche, et suppose une conception partagée de la question posée. Les aptitudes visées sont notionnelles, mais concernent aussi les stratégies d’apprentissage mises en œuvre, sur lesquelles nous insisterons : procédures, savoir-faire, constructions par induction, analogie, transfert. Nous présenterons les outils proposés aux élèves pour des interactions efficientes, ainsi que les modalités de tutorat choisies pour privilégier et diriger la communication.

Les pratiques d’apprentissages
Nous réfléchirons sur le sens de l’activité proposée : concevoir, en respectant un échéancier explicite, un produit final cohérent, résultat de contributions disparates, de réflexions critiques, de constructions collectives. Nous en qualifierons les apports : une interactivité intentionnelle, une recherche d’efficacité méthodologique, l’accommodation à différents styles d’apprentissage. Nous discuterons des avantages apportés aux élèves : l’aisance technologique, l’habileté de communication, la motivation, le développement d’une pensée collective, la constitution d’un groupe. Nous examinerons les contraintes engendrées pour les élèves, notamment l’exigence d’habileté sociale, d’autogestion de l’apprentissage, d’adaptation aux contraintes techniques. Nous approfondirons le rôle des enseignants, tuteurs de l’activité.

L’aspect innovant.
L’expérience menée permet de définir l'apprentissage collaboratif par opposition à l’apprentissage classique par le critère d’interaction entre les pairs : les élèves devaient interagir pour apprendre. Nous situerons l’innovation du projet collaboratif au niveau de l’intention communicative, inducteur de nouvelles modalités de construction de sens, de nouvelles formes d’accès au savoir, de nouveaux styles de raisonnement.

Les difficultés.
Nous reviendrons sur quelques difficultés rencontrées par les élèves, en montrant que le transfert de compétences acquises ne va pas de soi : identifier les apprentissages réalisés ; expliquer les problèmes ; communiquer sans connaître les interlocuteurs ; répartir les tâches ; gérer les problèmes relationnels ; s’adapter aux outils ; manager son autonomie.
Nous conclurons en posant les jalons d’une nouvelle culture du savoir scolaire.
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