Développement
et intégration dune bourse de competences dans un environnement
collaboratif intranet/extranet denseignement
Denis Gasté,
Maître de conférences en Sciences de linformation
communication
gaste@univ-tln.fr +33 4 94 19 66 16
Emmanuel Birioukoff,
Etudiant en thèse de doctorat - Sciences de linformation
communication
birioukoff@univ-tln.fr , + 33 4 94
14 28 16
Adresse professionnelle
Université de Toulon-Var - BP 132 - F-83957 La Garde Cedex
Résumé :
Réflexions sur la création dune bourse de compétences
intégrée dans une plate-forme Intranet et Extranet collaboratif
denseignement présentiel et non-présentiel, pour une formation
universitaire dans le domaine de lingénierie des médias
fondée sur la pédagogie de projets.
Mots clés : Apprentissage, collaboratif, échange,
compétences, bourse, pédagogie, plate-forme, FAD.
SOMMAIRE
TABLE DES FIGURES
INTRODUCTION
1 DESCRIPTION DU CONTEXTE DE RECHERCHE
1-1 La formation IUP Ingémédia
1-2 Léquipe pédagogique et administrative
1-3 Construction de la plate-forme pédagogique collaborative
2 FONDEMENTS THEORIQUES
2-1 Pédagogie par projet et environnement collaboratif
2-2 Les SEL, les RES et léchange des savoirs
2-3 Recoupement des concepts
3 APPLICATION : INTEGRATION SUR LA PLATE-FORME INTRANET
3-1 Description du système et fonctionnalités
4 PREMIERS RESULTATS
4-1 Validation du concept
4-2 Déploiement de loutil
4-3 Analyse et synthèse des premiers résultats
4-4 Retour sur expérience et pistes de réflexion pour la réadaptation
de loutil
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES
FIGURES
Figure 1 : Espace daffichage
des offres et demandes
Figure 2 : Modélisation dun processus déchange
Figure 3 : Historique de négociation
Figure 4 : Typologie des compétences échangées
Figure 5 : Profil de compétences dun demandeur récurrent
Figure 6 : Profil de compétences dun offreur récurrent
Figure 7 : Profil de compétences dun offreur/demandeur
Figure 8 : Mise en lumière dune carence de formation
Figure 9 : Exemple de fiche individuelle de compétences
INTRODUCTION
Dans loptique de la construction dun Intranet collaboratif servant
dossature à une formation présentielle et non-présentielle
dans le domaine de lingénierie des médias, il a été
décidé dintégrer à cette plate-forme une « bourse
de compétences » où les étudiants pourront échanger
leurs compétences.
Nous présentons donc ici les éléments de réflexion
qui nous ont permis délaborer le concept de cette bourse de compétence,
qui devront par la suite être validés par les usages de la plate-forme.
Cette démarche dintégration dune bourse de compétences
est basée sur la pédagogie de projets (A. Mercier et H.Crunel,
2001) et de travail collaboratif développés dans le cadre de la
formation (Dumas Ph. et Gasté D., 2001).
La construction théorique de cette bourse de compétences va sappuyer
sur le succès des SEL (Systèmes dEchanges Local), des RES
(Réseau dEchanges de Savoirs), et de leur philosophie (J.-M. Servet,
1999, Association Selidaire, 2000), adaptée à un environnement
de travail collaboratif sur une plate-forme denseignement, et à
un public beaucoup plus homogène (ici, les étudiants de la formation).
Puis nous verrons par la suite ladaptation dune telle réflexion
à une plate-forme dIntranet collaboratif, développé
dans le cadre des enseignements en IUP « Ingénierie des Médias »
à lUniversité de Toulon.
1 DESCRIPTION DU CONTEXTE DE RECHERCHE
1-1 La formation IUP Ingémédia
LIUP Ingémédia
(Ingénierie de lInternet et du Multimédia) a été
créé à la rentrée 2002 à lUniversité
de Toulon et du Var. Cet IUP, résolument tourné vers une formation
professionnalisante, va permettre aux étudiants dacquérir
une solide expérience dans le domaine de la gestion de projets multimédia.
La construction du schéma pédagogique sappuie sur une forte
articulation entreprise/université, car la première et la dernière
année se déroulent majoritairement en entreprise, et donc en formation
à distance, alors que la deuxième année est majoritairement
présentielle.
Cette mixité entre enseignement présentiel et à distance
va donc générer un certain nombre de nouvelles situations pédagogiques,
notamment au niveau du déploiement dun dispositif denseignement
à distance.
1-2 Léquipe pédagogique et administrative
Au niveau pédagogique, de nombreux intervenants issus du monde socio-professionnel
apportent aux étudiants les compétences nécessaires sur le
terrain, afin de former de futurs professionnels immédiatement opérationnels
dès la fin de leurs études. Mais là aussi, cette orientation
professionnalisée de léquipe pédagogique pose de nouvelles
contraintes au niveau du suivi pédagogique des étudiants, vu le
faible temps de présence effective à luniversité des
intervenants. Au niveau administratif, le suivi des étudiants doit également
être possible à distance, vu la forte présence des étudiants
en entreprise.
Toutes ces contraintes ont donc dû être prises en compte lors du déploiement
du dispositif denseignement à distance prévu pour la formation
Ingémédia. La construction de notre plate-forme sest donc
basée sur une approche collaborative afin de rassembler les différents
intervenants pédagogiques, léquipe administrative et les étudiants.
1-3 Construction de la plate-forme pédagogique collaborative
Lors de la construction de la plate-forme, la nécessité dune
forte orientation collaborative sest immédiatement imposée
vu lenvironnement pédagogique, sappuyant sur un fil conducteur
basé sur la pédagogie par projet. Une fois le prototype de plate-forme
déployé, une nouvelle fonctionnalité sest peu à
peu dégagée : la pédagogie par projet induit sur le
terrain des échanges entre léquipe enseignante et les étudiants
(échanges plus ou moins « formels ») mais également
de nombreux échanges de compétences entre étudiants ou équipes
détudiants, qui malgré leur fort potentiel pédagogique
ne sont ni formalisés ni pris en compte lors de lévaluation
de létudiant.
Lidée de construire un dispositif permettant de quantifier ces échanges
informels de compétences sest donc imposée delle même.
Cet outil interviendrait donc à plusieurs niveaux :
Voici donc les postulats sur lesquels notre outil va être développé.
La construction de loutil déchange de compétences va
donc se baser sur les fondements théoriques qui sont exposés dans
la partie suivante.
2 FONDEMENTS THEORIQUES
2-1 Pédagogie par projet et environnement collaboratif
La pédagogie par projet découle des récentes théories
de lapprentissage, qui posent une distinction entre enseignement et apprentissage.
Cette distinction modifie singulièrement les relations au sein du triangle
didactique « maître-élève-savoir » (VASSILEFF
Jean, 1997). Dans cette optique, le maître nest plus celui qui
transmet des savoirs, létudiant nest plus le sujet plus ou
moins passif de ses apprentissages, laccès à la connaissance
ne se fait plus par placages successifs de notions.
Lenseignant convaincu par ces principes trouvera dans la pédagogie
de projet une réponse à bien des implications pédagogiques
issues des théories socio-constructivistes de lapprentissage.
La pédagogie par projet permet de donner un sens aux apprentissages de
létudiant, en appliquant sur un projet concret les « pistes »
de réflexion que lenseignant lui aura fournies.
Le rôle de lenseignant va donc être recentré sur un rôle
danimation de groupes de travail, et il va donc devoir être disponible
pour ses étudiants et répondre à leurs questions qui seront
plus précises (car concrètes) que lors dun cours magistral
classique. Une des clés de la réussite de cette forme de pédagogie
est donc la circulation de linformation entre lenseignant et ses groupes
détudiants
Doù lidée dun environnement
de travail collaboratif enseignant/étudiant.
Pour aller encore plus loin dans cette voie, il faut également explorer
les interactions étudiants/étudiants : en effet, il existe
un formidable potentiel déchange de connaissances entre les étudiants
eux-mêmes, qui peuvent venir dhorizons très différents
et donc pouvoir senrichir les uns les autres. La plate-forme et la bourse
de compétences sinscrivent donc totalement dans le concept de travail
collaboratif, en sinspirant des approches constructivistes et cognitives
dans létude des interactions entre les acteurs (Duvernay D., 2002
et Henri, F., Lundgren-Cayrol, K., 2001). Cest sur cette constatation quest
bâti le concept de la bourse de compétence, pour « formaliser »
et encourager ces échanges.
2-2 Les SEL, les RES et léchange des savoirs
Les SEL (Systèmes dEchange Local) sont des associations de fait ou
déclarées loi 1901 (Servet J.-M, 1999). Ces associations permettent
léchange de biens et de services entre particuliers, en comptabilisant
ces échanges (le plus souvent au temps passé). Le nombre dunités
nest que la mémoire de léchange, pas sa valeur, et le
lien est beaucoup plus important que le bien (Selidaire, 2000). On voit donc apparaître
ici la notion déchange de savoir, même si le principe est ici
également appliqué aux biens.
Claire Héber-Sufrin (« Echangeons nos savoirs ! »,
2001) nous apporte également une réflexion plus poussée sur
léchange du savoir. Les bases de cette approche reposent sur
le fait que chacun a des savoirs qui peuvent intéresser les autres, et
que nous pouvons apprendre de tous et par tous. Partant de ce constat, la notion
de réseau et de réciprocité devient évidente (Claire
Héber-Sufrin, 1999). Et donc apparaît lutilité dune
utilisation dun outil réseau qui permettrait de faciliter ces échanges.
2-3 Recoupement des concepts
Dans notre cas, un recoupement de ces concepts théoriques sapplique :
la pédagogie par projet envisagée pour lIUP Ingémédia
va créer un besoin de communication (voir 1-1) qui sera satisfait par la
mise en place dun Intranet collaboratif. Les outils de communication synchrone
et asynchrones seront utilisés lors des échanges enseignant/étudiants
mais également lors des échanges étudiants/étudiants.
Cest plus particulièrement sur ce dernier point que nous allons nous
arrêter : lors dexpériences précédentes
denseignement par projet, lon a vu émerger des pratiques informelles
déchanges de savoir et de compétences entre les étudiants
dun même groupe de projet, et même inter-groupes.
Les étudiants ne disposaient daucune plate-forme de communication,
les échanges se faisaient donc avec les moyens à disposition (le
plus souvent par mail, ou par des séances de travail collectif). Mais seuls
les étudiants déjà sensibilisés aux échanges
électroniques et maîtrisant loutil informatique ont pu communiquer
efficacement (voir également les expériences de Vance Wilson E.,
2000). Cette émulation de groupe, ayant fonctionné sans moyens,
a donc été réservée à certains. Lidée
de regrouper sur une plate-forme Intranet mise à la disposition des étudiants
et des enseignants tous ces outils de communication nous est donc apparue comme
étant essentielle.
En croisant le caractère collaboratif de la plate-forme et les concepts
développés par les SEL et les réseaux déchange
de savoirs (voir 1-2), est apparue la nécessité dintégrer
à cette plate-forme un espace déchange de compétences
pour faciliter et démocratiser ces échanges entre étudiants.
Lautre avantage de cette démarche sera de pouvoir quantifier et analyser
ces échanges, et ainsi révéler les compétences réelles
des étudiants et dévoiler les échanges qui avant nétaient
ni formalisés, ni mis en valeur : cest lun des points
clef de cette bourse de compétences.
3 APPLICATION : INTEGRATION SUR LA PLATE-FORME INTRANET
3-1 Description du système et fonctionnalités
La vocation première de la bourse de compétence est celle dun
révélateur collectif de compétences, avec pour objectif de
valoriser non seulement lacte de recherche dune compétence,
mais également de valoriser « loffre » de plusieurs
compétences différentes et non toujours la même pour un même
étudiant (ce qui sinscrit dans la volonté de pluridisciplinarité
inhérente à lIUP).
La présentation sera faite sous forme dun forum amélioré,
pour garder un concept de navigation simple et efficace. Cette présentation
aura pour but de ne pas dérouter les étudiants (qui pour une grande
majorité auront déjà participé à des forums,
voir Tolmie, A., Boyle, J., 2000), et dêtre le plus clair et le plus
direct possible.
La typologie des fonctionnalités a été déterminée
lors de plusieurs séances de réflexion, pour adapter au mieux le
concept énoncé (voir partie 2) et ainsi créer un outil de
communication efficace. Concrètement, les pages se présentent sous
la forme dun espace daffichage doffres et de demandes de compétences,
avec possibilité pour chacun de publier son annonce.

Figure 1 : Espace daffichage des offres et demandes
Lors du processus déchange, un espace de négociation asynchrone
souvre et ne se referme que lors de la validation par les deux parties
de laccord déchange.

Figure 2 : Modélisation dun processus déchange
La négociation est donc libre, et lhistorique de chaque négociation
puis la validation de léchange seront par la suite consultables
par les enseignants.

Figure 3 : Historique de négociation
On voit apparaître alors plusieurs problèmes : quelles peuvent
être les compétences échangées ? Et comment
introduire une échelle de valeur pour ces compétences ?
Les échanges sont donc comptabilisés grâce à un système
de quantification (unité de valeur déchange) avec un taux
dincrémentation fixe, en intégrant également une
valeur maximale déchange pour chaque compétence. Les ressources
dun étudiant en unités de valeur sont illimitées
(pas de comptabilisation par étudiant et donc pas de « porte-monnaie »
virtuel) : les unités de valeur sont uniquement une mesure de la
valeur estimée de la compétence échangée en accord
avec les 2 parties. Il ny a donc aucune limite déchange,
les unités de valeurs nétant là que pour voir à
quel niveau de valeur peut séchanger telle ou telle compétence.
Il apparaît également nécessaire de créer une typologie
non restrictive des compétences échangées : typologie
qui est enrichie par lapport de nouvelles compétences, car nimporte
quel type de compétence peut être échangée. Ainsi,
cette typologie nexiste que pour guider les recherches et non pour limiter
la nature des compétences échangées.

Figure 4 : Typologie des compétences échangées
Enfin, la recherche de compétence peut se faire soit par mot clé
(un moteur de recherche plein texte sera prévu) soit par catégories
(voir typologie des compétences ci-dessus) pour faciliter laccès
à linformation désirée.
3-2 Apport dans le cadre dun projet pédagogique : exemple
de lIUP Ingémédia
Comme nous lavons vu, la finalité de la bourse de compétence
est dêtre un révélateur collectif de compétences.
Ce qui passe donc par une analyse a posteriori des échanges effectués
et validés, mais également de lhistorique de chaque négociation.
Mais il sagit également dun dispositif favorisant le transfert
de compétences entre étudiants, toujours dans loptique dune
démarche de travail collaboratif. La facilité de prise en main
(présentation sous la forme dun forum) introduit un côté
« ludique » à cet outil de communication :
il faut inciter le plus possible les étudiants à échanger.
Ces échanges renforcent également le lien social et communicationnel
(Duvernay, D., 2002) entre les étudiants, et dans une moindre mesure,
entre les étudiants et les enseignants qui peuvent ainsi savoir quelles
sont les compétences les plus recherchées et donc adapter leurs
enseignements.
Lapport pédagogique se situe donc au niveau de lapprentissage
du travail en équipe (létudiant ne doit pas hésiter
à solliciter une compétence dont il a besoin, et en retire un
enseignement), du renforcement de la démarche constructiviste pour chaque
étudiant, et des liens entre les acteurs.
4 PREMIERS RESULTATS
4-1 Validation du concept
Le prototype de
loutil a été déployé au début de lannée
universitaire 2002 auprès des 28 étudiants de la première
promotion IUP Ingémédia. Cette première promotion, recrutée
en deuxième année dIUP, sest donc déroulée
en enseignement présentiel à lUniversité de Toulon.
Le concept de la bourse de compétence a été présenté
à un panel de 7 étudiants potentiels de lIUP avant son déploiement
effectif, lors dun entretien de type « table ronde »
avec léquipe de recherche chargée de déployer loutil,
afin de pouvoir laisser libre cours à leur créativité et
enrichir le concept existant.
Voici les résultats de cet entretien libre :
Au vu de ces réflexions, certaines modifications ont été
apportées au prototype afin de mieux répondre aux attentes des étudiants.
4-2 Déploiement de loutil
Au niveau technique, la bourse de compétences utilise la trame dun
moteur de forum communautaire existant ( PCSForum, développé par
Youngpip http://www.youngpip.com) et entièrement
réadapté pour intégrer les fonctionnalités prévues
(notamment le système de quantification, la création des statistiques
et des fiches de compétences individuelles).
Déployée en début dannée universitaire, en même
temps que la plate-forme collaborative, la bourse de compétences a donc
été utilisée par les étudiants tout au long de lannée.
Une évaluation de loutil a eu lieu en mars 2003 afin de mesurer limpact
de loutil au niveau des étudiants, et de recueillir de précieuses
données afin de réadapter loutil aux usages.
Il est important de noter que cette évaluation a eu lieu après la
publication des notes issues des échanges sur la bourse de compétences,
et donc dans un climat quelque peu « tendu » : les
étudiants ne sont pas habitués par le système pédagogique
traditionnel à ce type de notation issue dune auto-évaluation.
4-3 Analyse et synthèse des premiers résultats
Lutilisation de cette bourse de compétences en grandeur réelle
auprès des étudiants durant le premier semestre universitaire nous
permet de dresser un premier bilan des usages et des résultats obtenus.
Tout dabord, nous pouvons remarquer plusieurs profils dutilisateurs :
Certains étudiants nont pratiquement pas échangé sur
la bourse, sauf vers la fin de la première échéance de notation.
Ils ont ressenti cette bourse de compétences comme un élément
obligatoire leur étant imposé.
Malgré tout, la plupart des étudiants ont adhéré au
concept et échangé leur compétences via la bourse, sans forcément
avoir pour objectif la note finale.
Dans ce public dutilisateurs courants de la bourse, lon peut distinguer
trois profils type :
Le demandeur récurrent : la plupart de ses contributions sont
des demandes de compétences, dans certains domaines précis, ce qui
dénote une carence dans certaines matières.

Figure 5 : Profil de compétences dun demandeur récurrent
Loffreur récurrent : la plupart de ses contributions
sont des offres de compétences ou des réponses à des demandes,
là aussi dans des domaines précis, souvent en corrélation
avec les demandes des demandeurs récurrents.

Figure 6 : Profil de compétences dun offreur récurrent
Le demandeur/offreur : cet étudiant type va demander et offrir
des compétences dans différents domaines sans se limiter à
un domaine précis de la typologie, et sans avoir un trop grand décalage
entre volume doffres et volume de demandes.

Figure 7 : Profil de compétences dun offreur/demandeur
Les interactions entre les demandeurs et les offreurs récurrents, si
on les croise avec les statistiques de volume déchanges par domaine
de compétences, nous permettent également de déterminer
les carences des enseignements dans le programme pédagogique.
Pour cette première évaluation, on remarque par exemple que [à
compléter ]% des échanges se sont fait dans le domaine [à
compléter], ce qui met en valeur un manque de formation dans ce domaine
pour certains étudiants.
On peut repérer ces carences par deux moyens :


Figure 8 : Mise en lumière dune carence de formation
Ces informations tirées des statistiques dusages de la bourse de
compétences atteignent donc leur objectif initial, à savoir :

Figure 9 : Exemple de fiche individuelle de compétences
4-4 Retour sur expérience et pistes de réflexion pour la réadaptation
de loutil
La bourse de compétences a largement fait parler d'elle tout au long
de l'année et est venue bouleverser, parfois de façon brutale,
des habitudes et coutumes bien établies. Son principe est très
majoritairement bien accueilli mais son mode de fonctionnement, notamment dans
ses modalités de notation a généré beaucoup de remarques.
Le point le plus critique est bien évidemment le « principe
de confiance » présent de façon intrinsèque
dans son mode de fonctionnement car un risque de biais est effectivement possible :
un échange de compétences négocié et validé
sur la bourse peut ne pas être suivi par un échange effectif de
compétences, si deux étudiants se mettent daccord pour valider
cet échange « virtuel ».
Globalement, le système est perçu de façon positive, mais
nécessite du temps, et sans doute encore quelques aménagements,
pour trouver sa vraie légitimité.
De façon plus fine, il est intéressant de constater par ailleurs
que ce système a été tout autant utilisé comme bourse
de savoirs, c'est-à-dire comme échange d'explication et de formation
entre étudiants et ceux-ci ont ainsi réalisé qu'étant
mis en situation de pédagogue, ils intégraient de façon
plus pertinente les savoirs.
BIBLIOGRAPHIE
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Vassileff, J. (1997) « La pédagogie du projet en formation »
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