Amaury Daele FUNDP Département Education et Technologie
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Caroline Brassard UQAC Département des sciences
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La question, la problématique
et le contexte de la communauté dapprentissage dans lenseignement
supérieur
Depuis plusieurs années, le terme « communauté »
est de plus en plus utilisé dans le cadre de lenseignement supérieur
pour désigner un groupe dapprenants (et denseignants) qui
apprennent ensemble grâce à la mise en uvre dactivités
pédagogiques (à distance ou en présence) mettant en valeur
la collaboration, léchange, le partage, la mutualisation de documents,
etc. La plupart des enseignants et des chercheurs qui utilisent ce terme se
réfèrent au livre, que lon pourrait qualifier de fondateur,
dEtienne Wenger « Communities of Practice »
(1998). Ces communautés de pratique ont été observées
au départ dans des contextes professionnels. Dans ces communautés,
le processus de construction sociale des pratiques professionnelles en milieu
de travail est mis en évidence. Ce processus se base entre autres sur
la négociation de sens, sur la réification de lexpérience
professionnelle, sur limplication des personnes, avec pour concept central
la pratique qui joue le rôle de « source de cohérence »
de la communauté (Wenger, 1998, p.72). La pratique dans une communauté
est définie par Wenger selon trois dimensions (p. 73) :
Communautés dapprentissage
vs communautés de pratique
Nous ne surprendrons personne en disant que le milieu scolaire ou académique,
même sil essaie de sen rapprocher le plus possible, nest
pas le milieu professionnel. Cest pourquoi, parallèlement à
la notion de « communauté de pratique » est née
la notion de « communauté dapprentissage ».
Henri et Pudelko (2002) proposent une intéressante distinction entre
ces deux types de communautés mais aussi par rapport à dautres
formes de communautés en les classant selon la force du lien social qui
unit leurs membres et leur intentionnalité.
Ces auteurs distinguent quatre types de communautés : les communautés
dintérêt, les communautés dintérêt
intelligentes, les communautés dapprenants et les communautés
de pratique. Ces quatre types sont présentés dans la figure suivante :

Figure 1 : Différentes
formes de communautés virtuelles en fonction de leur contexte démergence
(Henri et Pudelko, 2002, p. 29)
Les communautés dintérêt correspondent au niveau le
plus faible de lien social et dintentionnalité. Elles « peuvent
être assimilées à des regroupements de personnes qui partagent
de linformation sur des sujets variés se rapportant à la
vie ou à lactivité professionnelle. » (Henri
et Pudelko, 2002, p. 29). Les membres de ces communautés ne poursuivent
pas de buts collectifs mais échangent ponctuellement autour dun
même pôle dintérêt en recherchant tout de même
des significations communes.
La communauté dintérêt intelligente, quant à
elle, « se crée pour répondre à un besoin
ciblé demblée, pour résoudre un problème particulier,
pour définir ou pour réaliser un projet. Les participants se rassemblent
pour mener une activité déterminée davance et dont
la durée est prescrite. » (Henri et Pudelko, 2002, p.
30). Un exemple dune telle communauté est le groupe dexpert
(task force) à qui il est demandé de faire le point sur
un sujet particulier. Une fois leur rapport déposé, la communauté
se disloque.
A un niveau supérieur de lien social et dintentionnalité,
on trouve les communautés dapprenants. Ces communautés « qui
regroupent des apprenants dans un contexte éducatif formel sont appelées
le plus souvent des "communautés dapprentissage"
[
]. » (Henri et Pudelko, 2002, p. 30). Les auteurs préfèrent
cependant parler de communauté dapprenants plutôt que dapprentissage
en suivant Wenger (1998) pour qui une communauté de pratique est également,
par définition, une communauté dapprentissage. En ce qui
nous concerne, dans ce texte, nous utilisons les deux terminaisons lune
pour lautre en les distinguant tout de même des communautés
de pratique. Bref, les communautés dapprenants se caractérisent
par leur contexte institutionnel et par leur pérennité relative
puisque liées le plus souvent à des activités dapprentissage
limitées dans le temps. Elles sont également basées sur
la participation des apprenants et leur conscience de leur appartenance à
une communauté, ce qui implique pour lenseignant la mise en place
de conditions favorisant cette participation.
Finalement, le type de communauté possédant le plus haut niveau
de lien social et dintentionnalité est la communauté de
pratique. Elle « est constituée de professionnels qui,
dans le monde réel, [
] partagent la même profession
(métier) ou effectuent un travail similaire. » (Henri
et Pudelko, 2002, p. 32). Les activités de ces communautés consistent
dabord en la définition dune identité de la communauté
(« qui nous sommes et ne sommes pas ») ainsi que par la
négociation et la construction de significations partagées (un
vocabulaire commun, des pratiques professionnelles communes, etc.). Ensuite,
ces communautés travaillent à réifier, à formaliser
leurs significations partagées et leurs connaissances dans le but de
mieux les asseoir mais aussi pour accueillir par la suite de nouveaux membres.
Enfin, lapprentissage par la participation en contexte professionnel constitue
lactivité principale (souvent inconsciente selon Wenger) des membres.
Ces distinctions entre différents types de communautés sont encore
en construction comme le soulignent Henri et Pudelko mais elles apportent quelques
éléments opérationnels dobservation et de compréhension
de lémergence et de la vie de ces communautés :
« Les communautés évoluent en fonction de leurs
objectifs ou des besoins des membres auxquels elles tentent de répondre.
Cest pourquoi, la distinction que nous faisons entre les différents
types de communautés nest pas un classement normatif mais plutôt
un essai de description des communautés existantes et de leur potentiel
évolutif. Cette identification des formes de communautés a pour
but de contribuer à fournir des repères pour observer, analyser
et évaluer leur activité. Une telle analyse est un préalable
nécessaire au développement de méthodologies, dinstruments
et doutils pour soutenir efficacement lactivité des communautés
virtuelles. » (Henri et Pudelko, 2002, p. 28).
Le projet Recre@sup
Sancrant dans le contexte actuel dintroduction durable de lusage
des Technologies de lInformation et de la Communication (TIC), le projet
européen Recre@sup (SOCRATES-MINERVA) a cherché, au cours des
deux dernières années, à comprendre la dynamique de diffusion
de linnovation pédagogique en enseignement supérieur. Cette
recherche de compréhension concernait à la fois les institutions,
les enseignants et les étudiants. Par le biais de lanalyse du fonctionnement
de centres de ressources techniques et pédagogiques de différentes
universités européennes1
ainsi que de 20 cas dusage des TIC, la diffusion de linnovation
au sein des institutions et auprès de la communauté enseignante
a été mise en lumière.
Dans notre groupe de recherche, comme mentionné plus haut, nous avons
cherché à décrire et à comprendre la façon
dont des enseignants denseignement supérieur concevaient, mettaient
en uvre et évaluaient des scénarios pédagogiques
organisant la création de communautés dapprentissage. Ceci
nous a permis de dégager certaines pistes concrètes pour développer
ce type de communauté avec un groupe dapprenants mais surtout de
mettre en évidence certaines conditions pour favoriser leur émergence
et leur implémentation.
Méthode
Deux phases de collecte de données ont été nécessaires
pour lanalyse des éléments relatifs aux communautés
dapprentissage. La première, qui sest déroulée
de novembre 2001 à mars 2002, concernait les cas identifiés comme
pertinents dans lensemble du projet Recre@sup. En ce sens, 13 cas ont été
investigués. Les responsables de ces 13 cas, des enseignants, ont été
questionnés par entrevue semi-structurée. Le tableau suivant présente
sommairement ces 13 cas :
| Cas |
Nom et pays | Apprenants | Activités dapprentissage | Utilisation des TIC |
| 1 | CEFOLEG : Certificat en Légistique (CH) | 20-25 apprenants adultes à distance travaillant dans le domaine du Droit | Apprentissage par problème individuel ou en groupe | Ressources en ligne, forums, e-mail |
| 2 | Programme CLEO : Cours de Knowledge Management (B et F) | Apprenants adultes à distance travaillant en entreprise ou dans le secteur public | Auto-formation, apprentissage individuel, jeux de rôles | WebCT, ressources en ligne, forums, e-mail, Cd-Rom, vidéoconférences |
| 3 | CiLTHE : Utilisation des TIC pour lenseignement et lapprentissage dans lenseignement supérieur (UK) | Etudiants en master de technologies de lapprentissage (CSALT) | Apprentissage principalement individuel avec certains travaux collaboratifs | Lotus Notes (Learning Space), vidéoconférences, site web |
| 4 | DES-TEF : diplôme de 3ème cycle en technologies pour léducation et la formation (B) | Etudiants adultes travailleurs à distance possédant une licence universitaire (2ème cycle) | Activités collaboratives et individuelles, présentielles et à distance | E-mail, WebCT (forums, news, ressources en ligne) |
| 5 | FASEG : diplôme de 2nd cycle en économie (B) | Etudiants adultes (présence et distance) possédant un diplôme du supérieur et 2 ans dexpérience dans le domaine du management | Activités individuelles basées sur les contenus de cours | Site web, ressources en ligne, forums, e-mail |
| 6 | Learn-Nett : activités dapprentissage collaboratif à distance en formation initiale denseignants (B et CH) | Chaque année, entre 30 et 80 étudiants futurs enseignants de 5 à 10 universités différentes | Apprentissage collaboratif centré sur lusage des technologies en éducation et formation et analyse du processus dapprentissage | Campus virtuel (forums, news, ressources en ligne, MOO), e-mail, IRC, NetMeeting |
| 7 | Nestor : Initiation au travail collaboratif à distance (F) | 16 étudiants de 3ème cycle en intelligence économique | Démos, sessions en présentiel, simulation de travaux collaboratifs à distance | Navigateur Nestor, ressources en ligne |
| 8 | Cours de philosophie (B) | 320 étudiants de 1ère année en ingénierie | Apprentissage collaboratif pour répondre à une question de philosophie | I-Campus, e-mail |
| 9 | Travaux Pratiques du cours « Informatique en psychologie et éducation » (B) | 100 étudiants en licence (2ème cycle) en Psychologie et Education à distance et en présentiel | Activités collaboratives et asynchrones | HotPotatoes, logiciels éducatifs, plate-forme denseignement à distance |
| 10 | Universanté (CH, Liban, Tunisie et Cameroun) | 57 étudiants de 4 pays travaillant dans le domaine de la santé publique | Apprentissage collaboratif par problèmes, débats | Ressources en ligne, forums, e-mail |
| 11 | Cours comparant les processus dintégration politique EU et US (B-USA) | Etudiants belges et américains en 3ème cycle de politique internationale | Vidéoconférence | Vidéoconférence |
| 12 | UTICEF : diplôme de 3ème cycle en usages des TIC pour léducation et la formation (F-CH-B + pays du Sud) | 300 heures à distance et 50 heures en présentiel pour des adultes travaillant dans lenseignement supérieur | Auto-formation, activités collaboratives et individuelles, séminaires synchrones | Campus virtuel (ACOLAD), ressources en ligne, e-mail, forums, chat |
| 13 | Cours de « Creative Writing » (UK) | Etudiants adultes choisissant de suivre le cours en présentiel, à distance ou en mode mixte (4 à 6 mois) | Ecriture individuelle, feedbacks par les pairs | Lotus Notes (Learning Space) |
Tableau 1 : Présentation résumée des 13 cas analysés
Lentrevue avec les responsables des cas sest déroulée
soit lors dune rencontre, soit par téléphone. Principalement,
les questions étaient axées autour de la description du scénario
pédagogique et de lanalyse de son déroulement. Le but premier
du groupe de travail était de comprendre comment les enseignants concevaient
leurs activités dapprentissage recourant aux technologies, didentifier
les questions quils se posaient et de voir comment ils géraient
leur scénario en cours de déroulement. Plus spécifiquement,
certains concepts, dont celui de la communauté dapprentissage,
ont été approfondis davantage. Pour fin de validation, à
la suite de chaque entrevue, un compte-rendu de celle-ci a été
rédigé et retourné aux personnes interrogées.
La seconde phase de collecte de données sadressait aux apprenants
et sest déroulée davril 2002 à juin 2002. En
fait, il sagissait des apprenants de certains cas précédemment
identifiés comme intéressants du point de vue de la thématique
abordée. Pour ce faire, un questionnaire portant sur leur vécu
comme apprenants en cours dactivité leur a été soumis.
Pour lanalyse des données, la méthode danalyse de
contenu selon le modèle C de LÉcuyer (1990) a été
utilisée2. Concrètement,
une grille de codage a été créée pour catégoriser
les données issues des compte-rendus dentrevue et des réponses
au questionnaire. Certaines catégories ont été définies
par rapport à nos questions de recherche de départ, dautres
ont fusionné, se sont ajoutées ou ont été retranchées.
Analyse
Des activités pédagogiques en lien avec la pratique professionnelle
Comme mentionné plus haut, létablissement de communautés
dapprenants est un aspect apparaissant surtout dans les cas de formations
professionnalisantes pour adultes (de type DES ou DESS) qui axent souvent leurs
objectifs autour de lacquisition de pratiques professionnelles et du développement
dune identité professionnelle.
Dans ce cadre, lobjectif de beaucoup denseignants est de faire percevoir
aux apprenants la présence de leurs pairs et dencourager lapprentissage
collaboratif. Cet objectif peut provenir de différents besoins en fonction
du contexte :
Discussion : conditions
de mise en uvre dune communauté dapprentissage
Plusieurs conditions à la création et à lanimation
des communautés dapprentissage peuvent être mises en évidence
liées à la scénarisation des activités des apprenants,
à leur préparation à la réalisation de ces activités,
à lusage des technologies et à lautonomie laissée
aux apprenants. A travers nos analyses, il apparaît que le travail en
groupe, lévaluation par les pairs, le choix et lusage appropriés
des technologies, la confrontation ainsi que le partage des pratiques et des
idées aident à la création dune communauté
dapprentissage.
Par rapport à ces conditions, les enseignants interrogés proposent
quelques recommandations : formuler des consignes claires quant à
lutilisation des outils permettant lémergence dune
communauté dapprentissage ; intégrer les outils dans les
activités mais aussi dans les usages habituels des apprenants ; prévoir
une très bonne préparation des intervenants ; permettre aux étudiants
de prendre le temps de se connaître et de sintéresser à
lautre. Les enseignants notent aussi limportance de lintervention
des formateurs à tous ces égards pour créer et développer
la communauté. Par exemple, en portant son attention sur la nuance nécessaire
entre laisser la communauté se gérer elle-même tout en maintenant
la bonne co-existence des membres (nouveaux et anciens) et intervenir beaucoup
au risque de freiner les initiatives des apprenants.
Ceci nous permet de souligner limportance de la formation à la
collaboration, quelle se déroule en présentiel ou à
distance. Bien souvent, les compétences (de « savoir-vivre »
mais aussi techniques) nécessaires pour collaborer sont considérées
par les enseignants comme des pré-requis. Or ceci est loin dêtre
évident car les apprenants nont généralement aucune
culture de collaboration, surtout en milieu académique. Dans le cas 6,
une formation à la collaboration basée sur des études de
cas et des jeux de rôles est organisée avec les apprenants au début
du cours. Dans beaucoup de cas, des chartes dusage des outils de communication
(forum, chat, courriel) sont rédigées à lattention
de tous les participants pour proposer quelques règles de savoir-vivre
à distance. Dans le cas 4, ces chartes sont conçues au début
de la formation en collaboration avec les apprenants.
Un autre élément dont il faut tenir compte est toute la question
de lévaluation des apprentissages. En contexte de communauté
dapprentissage où des apprentissages individuels et collectifs
sont réalisés, lévaluation traditionnelle et individuelle
des apprenants se pose en porte-à-faux par rapport aux objectifs pédagogiques
de départ. Il sagit plutôt dévaluer des performances
complexes (collaboration, acquisition de compétences et dune identité
professionnelles, etc.) et, en ce sens, des méthodes « alternatives »
dévaluation sont souvent mises en uvre (Daele, 1998) :
carnets de bord individuels, portfolios, exposés oraux, etc. Laccent
est aussi mis non pas sur lacquisition de connaissances factuelles mais
plutôt sur le développement professionnel et la réflexivité
(par exemple dans le cas 6, à la fin de leur travail collaboratif à
distance, les étudiants, futurs enseignants, sont amenés à
rédiger un rapport individuel de réflexion à propos de
lexpérience vécue).
Evidemment, tout ceci amène lenseignant à reconsidérer
son rôle. Il est toujours un expert par rapport aux contenus et par rapport
à la profession concernée mais les activités conçues
lamènent davantage à tenir compte des compétences
préalables des apprenants, de leur expérience professionnelle,
etc. Ils interviennent aussi souvent comme accompagnateurs des projets professionnels
des apprenants (cas 1, 2, 4, 10 et 12) ou comme support à la réflexion
sur les pratiques professionnelles (cas 1, 4, 6, 12 et 13).
Enfin, la création de communautés dapprentissage, même
si elle est rarement explicite, est néanmoins un objectif de nombreux
scénarios pédagogiques. Appliquée aux apprenants, il sagit
de prévenir lisolement qui pourrait résulter de formules
à distance, dinitier les apprenants aux règles et pratiques
dune communauté professionnelle, ou de provoquer chez eux des apprentissages
dans une perspective socioconstructiviste (collaboration, conflit sociocognitif,
etc.). Appliquée aux enseignants et tuteurs cette fois, la création
dune véritable communauté est un moyen essentiel dassurer
lamélioration constante des formations par la formation de leurs
membres, les échanges de pratique ou le soutien mutuel face aux difficultés
rencontrées.
Conclusion et perspectives
Comme le soulignent Henri, Charlier, Daele et Pudelko (2003), le défi
pour les enseignants est de transformer, dans un temps relativement court, un
rassemblement dapprenants en une véritable communauté par
la mise en place des conditions favorables. Un moyen pour aboutir à cette
transformation, selon les auteurs, est dadopter un processus d « évaluation
pour la connaissance » (evaluation for knowledge). Le principe
qui sous-tend ce processus est que dans une situation pédagogique innovante,
qui implique des changements de rôles des acteurs voire des changements
au sein de linstitution elle-même, lévaluation continue
du dispositif pédagogique par tous les acteurs concernés (enseignants,
tuteurs, apprenants) contribue grandement à le faire évoluer et
à en assurer la qualité. Il sagit ainsi damener chaque
acteur à analyser son action, ses apprentissages et le dispositif pédagogique
quil est en train de vivre, et cela à différents moments
clés du déroulement de celui-ci. Il sagit aussi daménager
des moments déchange entre les acteurs à partir de leurs
analyses respectives. Cette évaluation continue est vue par Henri et
al. comme productrice de connaissances à propos du dispositif grâce
au dialogue qui peut sinstaller. Dialogue, explicitation et partage du
vécu, négociation de sens à propos dévénements
qui sont survenus, échange de pratiques, etc. sont justement des composantes
importantes de toute communauté dapprentissage.
Ces deux processus démergence de la communauté et dévaluation
pour la connaissance convergent et conduisent à une meilleure qualité
du dispositif et des apprentissages réalisés. Henri et al.
proposent, pour enclencher ces deux processus, des activités à
mettre en uvre qui se retrouvent très largement dans les cas que
nous avons analysés :
Références
Daele, A. (1998). Carnet de bord et portfolio en apprentissage collaboratif
à distance. Mémoire non publié présenté
en vue de lobtention du grade de licencié en Sciences de lEducation
(Pédagogie). Université de Liège, FAPSE. http://www.det.fundp.ac.be/
~ada/memoire/.
Daele, A., Brassard, C., Esnault, L., ODonoghue, M., Uyttebrouck, E. &
Zeiliger, R., « Conception, mise en uvre, analyse et évaluation
de scénarios pédagogiques recourant à lusage des
TIC », rapport du projet Recre@sup-WP2, FUNDP, document accessible
à ladresse http://tecfa.unige.ch/proj/recreasup/rapport/WP2.pdf
Henri, F., Charlier, B., Daele, A. & Pudelko, B. (2003, à paraître).
Evaluation for knowledge : an approach to support the quality of learners
community in higher education. Workshop of the IFIP Working Group 3.6. Distance
Education « Quality Education @ a Distance ». Melbourne,
Australia, 3-6 February 2003.
Henri, F. & Pudelko, B. (2002). La recherche sur la communication asynchrone
: de loutil aux communautés. In A. Daele et B. Charlier (Eds.).
Les communautés délocalisées denseignants.
Etude du Programme Numérisation pour lEnseignement et la Recherche
(PNER), Paris. http://www.det.fundp.ac.be/~ada/docs/rapportfinal_com_delocal.pdf
Koschmann, T. (1996). Computer Supported Collaborative Learning : theory
and practice of an emerging paradigm. Mahwah, New Jersey : Laurence Erlbaum
Associates.
Lave, J. & Wenger, E. (1991). Situated learning. Legitimate peripheral
participation. New-York : Cambridge University Press.
LEcuyer, R. (1990). Méthodologie de lanalyse développementale
de contenu : Méthode GPS et concept de soi. Québec :
PUQ.
Salomon, G. (1993). Distributed cognitions. Psychological and educational
considerations. New-York : Cambridge University Press.
Wenger, E. (1998). Communities of practice : learning, meaning and identity.
Cambridge : Cambridge University Press.
1
Coordonné par les Facultés Universitaires Notre-Dame de
Namur (B. Charlier et A. Daele), ce projet a rassemblé de 2000 à
2002 des enseignants et des chercheurs de lUniversité de Mons-Hainaut
(C. Depover, B. De Lièvre, S. Decamps), de lUniversité Libre
de Bruxelles (F. dHautcourt, S. Lusalusa, E. Uyttebrouck), de lUniversité
de Liège (M. Poumay, D. Leclercq, L. Baldewijns), de lUniversité
catholique de Louvain (M. Lebrun, F. Docq), de lUniversité de Genève
(D. Peraya, F. Joye, B. Jaccaz), de lUniversité de Lyon 2 (J. Bonamy,
R. Zeiliger), dEM-Lyon (L. Esnault), de lUniversité Autonome
de Madrid (C. Vizcarro, A. Garcia) et de lUniversité de Lancaster
(M. Saunders, M. ODonoghue). Les rapports du projet sont accessibles à
http://tecfa.unige.ch/proj/recreasup.
2
Selon LÉcuyer (1990), trois modèles de construction
de grille existent pour lanalyse de contenu par catégories. Le
modèle ouvert (A) est celui où les catégories émergent
à partir des données sans être définies au préalable
(davantage utile dans le cas de recherches exploratoires). Le modèle
fermé (B) propose de fonctionner selon des catégories immuables
et prédéterminées au départ par le chercheur (principalement
utile dans le cas dhypothèses précises à infirmer
ou confirmer). Le modèle mixte (C) fait cohabiter des catégories
prédéfinies guidant lanalyse par le chercheur et la possibilité
den reformuler certaines, den regrouper, den ajouter et den
supprimer.