Léthique de la communauté virtuelle éducative.
Didier MOREAU
Agrégé de philosophie, docteur en philosophie et docteur en sciences de léducation.
IUFM des Pays de la Loire (site de NANTES)
Le point de départ de cette réflexion a été une recherche sur léthique des enseignants1, dont le résultat essentiel fut la mise en évidence dune éthique professionnelle structurée par lentrée dans le métier et formée par différenciation des éthiques personnelles des agents moraux. Cest en rentrant dans une communauté éducative donnée, possédant pratiquement des classes de problèmes spécifiques à résoudre, que les débutants construisent une éthique professionnelle : cest le moteur même de leur professionnalisation. Je fais ici lhypothèse que lentrée dans une communauté éducative virtuelle, comme la formation dune telle communauté, sont des processus de même nature et que, pour cette raison, les structures qui organisent léthique professionnelle des enseignants sont également opératoires pour comprendre et étudier léthique des communautés virtuelles éducatives. Cette hypothèse sera explicitée sous forme de propositions qui seront destinées, non seulement à la réflexion et à la discussion publique, mais également à lexpérimentation empirique, afin que se constituent des recueils de données qui puissent permettre de les tester au-delà des intuitions initiales, même si celles-ci paraissent pour linstant flatteuses pour le cadre théorique.
Introduction.
Il paraît nécessaire douvrir la réflexion sur léthicité de la C.E.V. pour deux raisons éminentes :
- Une raison interne dabord. Une communauté virtuelle est dabord désincarnée : il ny a pas de monde commun de lexpérience charnelle partagée. Doù résulte un statut spécifique de laltérité : je ne suis plus confronté au visage dautrui, autrui ne moblige plus semble-t-il2. Or tous les témoignages semble se rejoindre pour signaler un résultat inverse : la virtualité dautrui oblige fortement. Il faut comprendre pourquoi et introduire un certain nombre dinterrogations insolites : dans cette virtualité, quen est-il de laltérité ? Où est lautre ? Quel est lautre ? Avec ce premier constat surprenant : la question : qui est lautre ? perd son sens, dans la mesure où la seule « épaisseur biographique » dautrui, cest son histoire de vie dans la Forme de Vie quest la communauté virtuelle, et quune rencontre « réelle » nest pas un objectif dune communauté virtuelle.
- Doù découle la seconde raison : la C.EV. est dabord une communauté éducative, et cest pour assumer cette mission déducation quelle est alors virtuelle. Ici encore, la perspective descriptive ne rencontre souvent la C.E.V. que comme une communauté virtuelle parmi dautres communautés similairement virtuelles. Mais en quoi réside profondément cette similitude ? Elle est dabord le fait dune réponse parallèle à une problématisation identique : comment réunir des acteurs séparés dans lespace (et donc le temps) pour obtenir deux des interactions organisées ? Mais le parallèle ne va pas au delà, car rien nest dit ni sur le statut des acteurs (parité ou non de statut, asymétrie de compétences, hiérarchie sociale) ni sur lorganisation des interactions (perspective dautorégulation, « mise en ordre par le bruit », principes organisationnels externes transcendant les acteurs). Cependant, il faut immédiatement remarquer que ce qui est décidé dans une communauté virtuelle concerne les autres communautés virtuelles (nest-ce pas le sens même de ce colloque ?), et que ce mode dêtre-concerné est propre à un certain type de communautés humaines fondées sur la pratique réfléchie et lautoanalyse de leur fonctionnement : cest là le début de léthique ! il en résulte donc que létude des C.E.V. donnera des clefs et des outils nouveaux pour labord des questions éthiques en éducation : de même que le regard que lon décida de porter, un jour, aux enfants en difficulté a permis de mieux comprendre, avec beaucoup defforts, comment tous les élèves apprennent3 : ce passage à la limite est toujours une ligne de rupture dans lépistémologie.
La difficulté dune réflexion sur léthicité des C.E.V. est quelle doit, au niveau méthodologique, provoquer une telle rupture. En effet, les perspectives classiques de recherche en éthique de léducation sont généralement téléologiques4 et partent de la question suivante : étant donnée la finalité pragmatique dune communauté éducative (réelle ou virtuelle), par quels moyens peut-on le plus efficacement atteindre ce but ? Si elles se placent sur le terrain de léthique, ces perspectives se dotent souvent dune dimension descriptive qui tentera alors dextraire de données empiriques de recherche un certain nombre de valeurs propres aux personnes concernées, puis dinférer celles qui semblent le plus appropriées au fonctionnement de la C.E.V. suivant sa finalité pragmatique, pour enfin construire ainsi une axiologie5 propre aux C.E.V. Le problème est que ce passage du descriptif au prescriptif est doublement illégitime : dabord comme toute transformation de ce type comme lavait montré Moore à laube de la philosophie analytique6, et ensuite parce quune finalité pragmatique nest pas un but éthique : dans une perspective éthique, selon Aristote, il y a une homogénéité des moyens et des fins : on ne peut pas réaliser une fin par des moyens indifférents (perspective technique) : il faut veiller à la qualité des moyens7.
Méthodologie.
Notre point de départ sera plutôt de considérer la finalité éducative des C.E.V. ce qui nous permettra de parler de la C.E.V., comme structure transcendantale des C.E.V. empiriques8. Ramené à ce qui en constitue son essence, en ce quil est le fait dêtres raisonnables vers dautres êtres raisonnables, lacte éducatif possède une structure propre quil ne partage avec aucune autre activité humaine, même orientée vers laltérité. Il y a une cohérence de la réflexion pédagogique qui établit que léducation a un but éthique quil est possible dexpliciter comme : permettre lauto-affirmation dautrui . De ce point de vue, lenseignement dans léducation vise à doter le sujet de compétences dont la finalité ultime est cette autonomie morale et intellectuelle. Il y a donc une structure propre à léducation qui permet de discerner a priori si un acte est éducatif ou ne lest pas9. La question de savoir si un acte a été, a posteriori, éducatif, est une autre question, celle de la régulation des situations denseignement-apprentissage de la façon la plus générale qui soit10.
Première proposition : la spécificité virtuelle de la C.E.V. : la concaténation, comme engagement éthique.
Je voudrais partir dun paradoxe : il nest de communauté que virtuelle, toute communauté humaine est virtuelle, sauf peut-être la communauté virtuelle éducative... Comme le montre Pierre LIVET11, je ne peux avoir « aucune preuve de lexistence réelle dune collectivité ni même de ce que chaque membre du collectif lidentifie de la même façon que ses autres membres. Les collectifs restent virtuels et leur identité aussi. » (p. 7)
La raison en est que je ne peux identifier les intentions dautrui avec certitude. Je dois ainsi me contenter des signes conventionnels produits par autrui en vue de signifier ses intentions, comme de même autrui se contentera des miens ; et cest cette indécidabilité qui fonde toute communauté humaine. Cest pour cela que nous sommes ensemble, parce quego nest jamais transparent à alter. On retrouve exactement la même analyse originelle chez Michel MEYER12. Dans la perspective de lEcole de Bruxelles et de la Nouvelle Rhétorique13, il montre que toute communauté humaine ne se fonde que de linterrogation de soi, comme question adressée à lautre : « lhomme est bien une interrogation irréductible, dont la seule réponse, loin de la supprimer, la reproduit sans cesse comme insaturable. On appelle cela la vie. »(op. cit. p.303.) Doù vient pour lui le statut indépassable de la rhétorique : « Les hommes se font souvent la guerre pour résoudre leurs problèmes. Mais ils peuvent aussi en parler pour négocier et discuter de ce qui les oppose ; Cest à ce moment-là quils ont le plus besoin de rhétorique. Elles leur donne lillusion dabolir les distances, mais parfois, mystérieusement, elle y réussit14. » Pour Meyer, cest le labyrinthe infini des tropes qui soude la communauté humaine, et cest ce qui protège laltérité du rêve totalitaire de lunanimisme. La communauté na de sens que parce quelle est inachevable.
Que penser alors de ce qui fonde la communauté virtuelle éducative ? A contrario elle réalise une purification des intentions dautrui en concentrant les directions où lintentionnalité se dirige. Comme cette autre organisation sociale élémentaire quest la file dattente, dans laquelle les intentions dautrui sont manifestes pour moi par le simple fait quil est dans ma proximité, il y a dans la concaténation de chaque membre de la C.E.V. une déclaration univoque dintentionnalité : celle dappartenir à la communauté et que la communauté existe en tant quelle maccueille. Ainsi, à lopposé de la communauté ordinaire, la C.E.V. nexiste que parce que chacun manifeste lintention explicite quelle existe. En effet, une seule classe daction y est possible : lacte de communiquer avec cette spécificité extraordinaire qui ne le rend possible que in absentia. Nous communiquons parce que nous ne sommes pas ensemble et que nous ne le serons probablement jamais. Dans la C.E.V. je nagis quen produisant des énoncés pour produire des énoncés et en recevoir dautrui, parce quautrui et moi-même ne pouvons partager le même lieu15. Ce qui fait que je ne deviendrai présent quau moment précis où je me retirerai pour abandonner mon message. Quest-ce qui peut me garantir cette présence minimale que lautre maccordera en lisant mon message : rien, pas même un message en retour que je lirai à tout le moins trop tard, sil me parvient. Rien, sinon lengagement éthique que lon a pris soi-même que lon accordera à autrui cette présence et que lon suppose quautrui a de même contracté. Cest ce qui fait que, malgré tout, ça marche ! La concaténation est cet engagement éthique quune communauté virtuelle existe. La menace qui pèse, permanente, sur toute communauté virtuelle et qui en réalise la finitude, ce nest pas lopacité, cest la dissolution, la catalyse16.
On pourrait ainsi énoncer la Règle dOr qui fixe la réciprocité des rôles dans la C.E.V. : « Fais exister autrui comme tu voudrais quautrui te fasse exister. »
Cest ce qui rend manifeste la spécificité virtuelle de la C.E.V., à la différence des communautés ordinaires qui sont factuelles : une C.EV est nécessairement une communauté communicationnelle contrefactuelle17. Cest ce que nous postulions en énonçant que la C.E.V. était dabord une communauté éducative ; sa fragilité virtuelle réalise ainsi sa force éthique : cest parce quelle est perpétuellement menacée par la disparition, que la C.E.V. est soutenue par chacune des actions de ses membres, ce qui, on laccordera, est strictement inversé dans la communauté réelle, dont la pesanteur même, ce poids du réel, incite chacun à sen affranchir, par des pratiques centrifuges, perturbatrices, déviantes, etc.
Deuxième proposition :La C.E.V. est structurée par une Ethique du Discours.
Nous ne sommes pas ici en terre inconnue : ce que nous avait montré la recherche à laquelle nous faisions référence est que léthique professionnelle que construisent les enseignants est clivée en trois systèmes, relativement indépendants, qui ont pour tâche de résoudre des classes de problèmes construits séparément : léthique juridique qui a pour objet la production de normes dans la classe ou communauté éducative, afin de régler lêtre-ensemble et les apprentissages, léthique de la discussion et léthique herméneutique.
LETHIQUE PROFESSIONNELLE DES ENSEIGNANTS.
3 systèmes relativement indépendants, orientés vers la résolution
de trois classes de problèmes de la responsabilité professionnelle.
Ethique juridique :production de normes
dans la classe ou la communauté éducative :
être-ensemble+apprentissages
Ethique de la discussion :organiser une
communauté
communicationnelle contrefactuelle,
pour résoudre les problèmes liés à lapplication
des principes.
Ethique herméneutique :Interpréter
les situations
en vue de léquité (bienveillance et bienfaisance).
Or voilà très exactement que nous en sommes arrivés à lhypothèse que la virtualité de la C.E.V. « commandait » en quelque sorte la production dune Ethique du Discours. Je rappelle ici brièvement la démarche, dans lhistoire de léthique, qui a conduit à cette genèse de lEthique du Discours.
Après Kant, la réflexion éthique sengagera dans deux directions nettement distinctes, tout en conservant lhypothèse de la responsabilité morale. On rencontrera dabord une régression vers les morales de lAntiquité, sur la base du Relativisme et du sociologisme des valeurs, issus de lhypothèse de lincommensurabilité des cultures et des représentations du monde : chaque culture, chaque groupe humain produit des normes (ou sans en produire, agit comme sil en existait) qui nont de valeur que dans le contexte et la vision du monde où la situation est apparue. Vouloir évaluer universellement ces normes, cest commettre un ethnocentrisme.
Les positions les plus radicales dans ce courant affirment que la formulation de normes est un obstacle en soi à la fluidité et à lefficience de la vie éthique18.
Lautre direction réalise un dépassement de la position kantienne, à partir de sa conquête dune position universaliste et cognitiviste : cest lEthique de la Discussion, construite par Apel et Habermas.
Si la question majeure qui est posée est celle dune éthique de la responsabilité, cela signifie que la priorité dune éthique post-kantienne sera de comprendre comment sa réalisation est possible, en un mot de mettre fin à la doctrine des deux règnes qui chez Kant enfermait le sujet dans la pureté de ses convictions et intentions. Habermas décide dappliquer à la réflexion, au delà de linterdisciplinarité, le principe de la division du travail, au nom duquel la philosophie doit tirer profit des recherches entreprises dans les sciences humaines ; et ces dernières utiliser les concepts, constructions et formalisations que la philosophie produit.
Cest ainsi que Habermas se tourne vers la psychologie de Piaget, qui va fournir à lEthique de la Discussion sa base cognitiviste. Piaget montre en effet19que lattitude éthique de lenfant nest pas le résultat dune imprégnation de valeurs, dun conditionnement du sujet par la vie sociale comme le voulait Durkheim, mais la mise en uvre dune compétence construite : le jugement moral, et que cette construction est un effet de la vie sociale, et des interactions entre acteurs quelle organise ou quelle ignore : les compétences morales des enfants dépendent ainsi du système pédagogique dans lequel lécole les place, selon quil est orienté ou non vers la réalisation de leur autonomie intellectuelle.
Après Piaget, Kohlberg20oriente ses travaux afin de préciser les stades du développement moral esquissés par son prédécesseur. Il montre que latteinte de chaque stade correspond à la maîtrise dune compétence éthique par le sujet, dans une relation étroite entre phylogenèse et ontogenèse : certaines formes dorganisation sociale permettent à certains de ses membres datteindre le stade le plus élevé, qui correspond à lImpératif Catégorique, à une morale régie par des principes universels.
Il y a bien là, interprète Habermas, le constat empirique de ce que la réflexion philosophique avait dégagé a priori21. Mais si être moral, cest mettre en uvre des compétences cognitives construites, la question qui se pose est celle de fonder une structure par laquelle ces compétences puissent sexercer et se partager. En dautres termes, dans quel monde doivent coexister des agents moralement compétents, pour exercer ces compétences, en tant que sujets éthiques démotivés par rapport à tout autre intérêt ?
Apel trouvera la solution dans la prise en compte du Pragmatic Turn en philosophie . Charles Peirce avait mis en évidence le caractère ternaire du signe linguistique, qui faisait que la référence quétablit le signe à un objet réel était soutenue par une communauté linguistique illimitée de locuteurs, et que dès lors la question de lusage des énoncés devenait constitutive du statut même du langage chez Wittgenstein. Austin22 construisait alors une théorie des actes du langage, selon laquelle le sens, la signification, peuvent être interprétés comme des intentions dactes rationnels comme le développera Searle23.
Ce qui résulte du tournant pragmatique est lidée dune Communauté Communicationnelle, en
tant que rassemblant des locuteurs conscients des enjeux de la discussion rationnelle. Dans une telle communauté, nécessairement, lusage du discours dans une stratégie orientée vers le succès nest pas possible, car contradictoire avec ce qui fonde cette communauté : la position stratégique est auto-réfutante. La seule orientation fondatrice de la communauté est lintercompréhension : la recherche de principes acceptables par tout interlocuteur engagé de manière valide dans la discussion.
La communauté communicationnelle est à la fois une hypothèse contrefactuelle, dont on tire les conséquences dans le monde que sa réalisation transformerait, mais aussi la source a priori de tout principe éthique valide.
A partir de la communauté communicationnelle, lEthique de la Discussion pose deux principes fondamentaux de léthique : cest une formalisation des activités de la communauté communicationnelle.
- Le Principe U, principe duniversalisation : « Chaque norme valide doit satisfaire à la condition selon laquelle les conséquences et les effets secondaires qui, de manière prévisible, résultent de son observation universelle dans lintention de satisfaire les intérêts de tout un chacun peuvent être acceptés sans contrainte par toutes les personnes concernées. »24
Le Principe U peut être transformé en principe daction Ua :
- « Nagis que daprès une maxime dont tu puisses supposer, sur la base dune concertation réelle avec les concernés, respectivement avec leurs défenseurs, ou, à titre de succédané,- sur la base dune expérience de pensée correspondante, que toutes les conséquences et effets secondaires résultant de manière prévisible de son observation universelle en vue de la satisfaction des intérêts de chacun des concernés pris individuellement, puissent être acceptés sans contrainte, dans une discussion réelle, par tous les concernés.25 »
Enfin, le Principe D : « Chaque norme valide devrait pouvoir trouver lassentiment de tous les concernés, pour peu que ceux-ci participent à une discussion pratique. »(Habermas,op.cit.)
Apel pense que, dans la mesure où la communauté communicationnelle nest pas un fait empirique mais un horizon transcendantal de la rationalité, alors il est possible de viser une fondation ultime des normes, qui permettrait déchapper à laporie qui guette Habermas de ne sappuyer que sur une pragmatique formelle, avec le risque de retour dinterprétations relativistes. Cette fondation ultime, pour Apel résulte de lindépassabilité de la communauté communicationnelle : la contester est une auto-contradiction performative, puisque toute argumentation manifeste des prétentions à la validité, et des présupposés dexistence de règles universalisables...
Les principes de léthique de la discussion fondent alors des normes procédurales, donc formelles qui garantissent la validité et la pertinence de la discussion pratique qui seule peut produire des normes matérielles. Quelles sont ces normes procédurales ? Ce sont celles précisément qui fondent la communauté communicationnelle pour que la discussion permette aux participants de se rencontrer de manière valide : la norme de justice, la norme de solidarité, la norme de co-responsabilité. Cette rencontre, que Kant avait décrite dans sa doctrine du double règne comme le fait dêtre à la fois « législateur et sujet », seffectue par ce que H.G. Mead26 avait analysé comme « adoption simultanée de rôles », et que J. Rawls place à la base du Contrat Social27.
La difficulté majeure que rencontre léthique de la discussion reste cependant inhérente à son projet-même. Cest la question de lapplication des normes, dont une des modalité est la question de la motivation : « comment traduire par un acte de volonté bonne une intellection morale ? » (Apel). La Communauté communicationnelle suppose en effet que les participants puissent y adopter une position démotivée pour y répondre à une question elle-même décontextualisée, sous peine de ne pas respecter les normes procédurales. Il y a là ce que Habermas nomme une « perte en éthicité concrète », qui est la conséquence du caractère formaliste de lEthique de la Discussion, mais aussi, selon Apel, la limite de son cognitivisme : lintellection ne détermine pas à elle seule laction ; il faut de surcroît une « décision irrationnelle en faveur de la raison », plutôt quau profit de la force ou de la violence. Cette limite, cest lappel qui est fait à la dimension herméneutique de la réflexion morale. La responsabilité concrète est à ce prix : A lorigine dune éthique de la responsabilité, il y a la décision de dépasser léthique monologique dont les formes pathologiques ont hanté lhistoire moderne et contemporaine. Ce dépassement, pour Habermas trouve son point de départ dans la Théorie critique, et la recherche de la réalisation démocratique de lEtat de Droit.
Pour Apel, ce point de départ est la prise en compte de lanalyse de Heidegger du déploiement du Règne de la Technique comme maîtrise de la réalité ; elle conduit à la recherche des conditions qui permettront dassumer une responsabilité solidaire face aux conséquences des activités collectives que la science et la technique ont rendu possibles. Dès lors, pour tous deux, léthique devra être responsable de sa propre application aux situations historiques effectives, ce qui valide la délégation de la production de normes aux discussions contextualisées dans une sphère de lactivité, professionnelle, politique, et dans des formes de la vie distinctes selon des systèmes de valeurs et des références culturelles. Léthique de la discussion prescrit seulement les normes procédurales, en tant que principes régulateurs de leur formation.
En résumé, on peut dire de lEthique de la Discussion que :
- cest une éthique « postmétaphysique », qui refuse la doctrine du Règne des Fins kantien ou dun quelconque plan transcendant.
- cest une éthique cognitiviste, qui suppose lexercice de la rationalité des sujets dans leur usage du jugement moral.
- cest une éthique universaliste qui recherche une déontologie concernant tous les êtres raisonnables, et qui transcende les modes particuliers de la moralité concrète.
Quelles sont ces normes procédurales ? Ce sont celles qui fondent la communauté communicationnelle, pour que la discussion permette aux participants de se rencontrer de manière valide :
- la norme de la co-responsabilité
- la norme de la solidarité
- la norme de la justice.
Nous avons déjà repéré cette norme de la co-responsabilité : cest elle qui produit la concaténation. On peut dire effectivement que, dans la mesure où la C.E.V. est une Communauté Communicationnelle Contrefactuelle, cest la co-responsabilité et sa mise en oeuvre qui sont fondateurs. Les deux autres normes en résultent comme résultats cognitifs pour chacun des concernés : si je suis co-responsable de lavenir de la C.E.V. au même titre que chacun, cest que nous sommes des égaux (dans laccès à la discussion) et solidaires ( pour permettre à chacun dexercer son droit, même si les compétences lui font encore défaut ; ce qui est la clef de tout étayage interactif en vue des apprentissages).

Comment fonctionne concrètement léthique du discours dans les C.E.V. ? Il suffit de prendre connaissance des travaux déjà présentés ici : cela devient une évidence que cest elle qui structure toutes les situations décrites denseignement-apprentissage qui visent largumentation rationnelle comme outil de construction des savoirs28.
Troisième proposition : Les membres dune C.E.V. interprètent les buts de la communauté à travers leur pratique de création des normes.
Après avoir considéré le cadre pragmatico-transcendantal (au sens de la Diskurs-Ethik) dans lequel la communauté se structure, prenons le point de vue des participants.
Chaque membre de la communauté entretient un rapport éthique daltérité avec :
- chaque autre membre de la communauté
- avec la communauté personnifiée (comme altérité morale).
a) Sauf circonstances externes, chaque membre a principalement affaire à chaque autre dans la perspective dune communication par le moyen décrits. Or, ce qui va rendre possible lappartenance à une communauté de message, cest lexercice du Principe de Bienveillance herméneutique.
Ce principe, également nommé principle of charity29, principe déquité30 est le principe central de lherméneutique : chaque interprète dun texte ou message doit faire preuve de bienveillance en postulant un effort de perfection de la part de lauteur en vue de faciliter la compréhension de son message, chaque interprète doit simputer à lui-même ses propres déductions, et non à lauteur : « une interprétation équitable sera celle qui trouve le meilleur équilibre entre le risque et larbitraire », analyse J. GREISCH31. Une C.E.V. ne peut être préservée que si chaque membre interprète avec bienveillance les messages quil reçoit : en postulant que chaque participant est orienté vers lintercompréhension et que chacun de ses messages a un sens quil est possible de faire apparaître dune façon qui ne supprime son altérité fondamentale32. Il est intéressant de voir comment le trolling peut éprouver une communauté virtuelle : nest-ce pas parce que chaque membre se sent tenu par le respect du principe de bienveillance communicationnelle que les trolls peuvent attaquer le principe même de la discussion ?
- Communiquer dans une C.E.V., cest sadonner à une pratique interprétative. Je reprendrai ici lanalyse que R. DWORKIN applique aux communautés juridiques , aux sociétés de droit. Pour DWORKIN, le droit est une pratique sociale à laquelle on ne peut sadonner quen linterprétant de manière constructive, cest-à-dire que lapplication y est identiquement création de normes33. La méthodologie de
DWORKIN traite le fonctionnement jurisprudentiel du droit positif pour y rechercher quel type dinterprétation permet à ses « adeptes » de rendre compte avec le plus de rectitude de leur pratique, dans le cadre dune interprétation constructive qui accorde plus de valeurs aux buts quaux causes de cette pratique :
« Linterprétation est la traduction dun but, elle propose ce qui est interprété comme si cétait là le produit de la décision de poursuivre un ensemble de buts. »
On peut penser que les membres dune C.E.V. considèrent leur communauté comme douée dune personnalité morale (et non pas simplement technique ou fonctionnelle), et cest cette interprétation des buts par chacun qui oriente la pratique de chacun. Mais il est évident par ailleurs quil ne peut y avoir dinterprétation univoque ou universelle (ce ne serait plus de linterprétation, mais limposition arbitraire dun dogme). Il en résulte donc que les interprétations entrent légitimement en conflit suivant une marge de divergence autorisée par la communauté pour le maintien de sa cohésion et de sa cohérence. Comme le dit DWORKIN, chaque participant, par sa pratique tente déclairer la communauté sous son meilleur jour, ce faisant il produit une conception des buts de cette communauté ; Mais la divergence et le débat entre les conceptions ne sont possibles que parce quils visent un même concept de la communauté. Si les conceptions sont du côté des Valeurs, le concept est du côté, comme on la vu, des Principes. Cest ce débat qui vise à tirer la communauté vers ce quelle a, du point de vue de ses adeptes, de meilleur.
Quatrième proposition : une Communauté Virtuelle Educative a pour but de créer et dentretenir une tradition.
On peut dire que le débat quengage la C.E.V.est un dialogue, au sens que la philosophie herméneutique de GADAMER donne à ce terme34. Ce qui fait que nous parlons ensemble et que nous nous écoutons réciproquement est cette épreuve que nous faisons personnellement du monde et dont nous ne pouvons nous emparer que dans lespace de la parole. Mais ce qui fait que nous parlons est aussi cet échec dune réelle communion-fusion qui nous réunirait dans une expérience universelle identique, car nous faisons plutôt lexpérience de la mésentente. Mais cest par cet échec que le dialogue est rendu possible comme horizon dune entente à réaliser mais jamais atteint, car, comme on la dit, il supprimerait laltérité. Cest dans lexpérience de lincompréhensible que nous échappons au caractère borné de notre moi. La tâche de lherméneutique est alors de trouver un langage commun , au delà des langues différentes et des points de vue irréconciliables. Si le langage est commun à tous, en revanche à chaque langue correspond une tradition : notre expérience est la connaissance du déjà-connu parce que dautres nous ont précédés dont nous empruntons les concepts. La tradition na de sens que si elle rend possible le dialogue avec ceux qui nous ont précédés. La tradition est une façon dont le monde vécu nous est transmis dans un processus communicationnel dont lessence est le dialogue. Si le dialogue est impossible, cest que la tradition est aliénante ; elle est le maintien pétrifié de ce qui est mort.
GADAMER dit ceci :
« La tradition et la transmission gardent leur sens véritable dans la mesure où elles représentent un partenaire expérimenté et constant dans le dialogue qui nous constitue. Dans la mesure où elles répondent et quelles libèrent ainsi de nouvelles questions, elles démontrent leur propre effectivité et leur vitalité toujours agissante.35 »
Par le Dialogue, chaque membre de la communauté est porté et soutenu par lexpérience commune transmise par la tradition ; il puise dans le stock de valeurs que la tradition lui propose celles qui lui semblent les plus aptes à la formulation des questions qui problématisent son expérience. Mais ce qui rend vivante une tradition est cet effort de questionnement que lui adresse chacun des membres de la Communauté. En revanche une tradition est morte lorsquelle déclare quil ny a pas de dialogue possible, parce ceux qui questionnent sont jugés inaptes au questionnement. Une tradition morte, selon R. BUBNER devient rapidement aliénante, en provoquant la paralysie et la répressivité. Une tradition aliénante est une tradition qui a perdu tout contact avec la réalité sociale du présent. Elle ne peut se maintenir que par la violence, en réprimant les individus et en les dépossédant de leurs actions en tant quelles auraient du être des résultats de choix éthiques.
Il ny a donc pas de « classement éthique » des traditions et des Communautés qui les portent, en vertu de leur degré de rationalité. Chaque tradition est une forme de vie (au sens de WITTGENSTEIN36) cristallisée comme une identité particulière, et apte, si elle est vivante, à satisfaire les exigences morales qui résultent des questions de ses membres. Une C.E.V., de par ce quon a déjà défini delle, ne produit pas une tradition de manière contingente : cest en raison même de sa virtualité que chacun de ses membres sait quelle doit produire une tradition vivante où chacun pourra trouver de quoi se questionner, de même que chacun de ses membres sait que son devoir est de participer à cette production, en enrichissant par ses contributions et travaux lexpérience commune. Nous somme loin du but téléologique du départ : il sagit bien dun engagement déontologique.
Conclusion : La Communauté Educative Virtuelle possède un triple horizon éthique.
Il y a donc trois directions dans lesquelles peut se comprendre et sanalyser léthicité concrète des C.E.V. :
- léthique du discours, qui structure la C.E.V. comme Communauté Communicationnelle Contrefactuelle,
- léthique herméneutique-interprétative des pratiques (interne), qui oriente chacun des membres de la communauté vers léquité et la bienveillance interprétative et qui désigne pour chacun de ses membres la communauté comme un but à réaliser et à perfectionner,
- léthique herméneutique du Dialogue37(externe), qui vise à produire une tradition vivante comme source pour la résolution de problèmes liés à lacte éducatif et aux apprentissages. Cest elle qui, de surcroît, rend possible le dialogue entre communautés virtuelles éducatives, porteuses de traditions parfois fortement divergentes.
Cette proposition dun cadre théorique est assez voisine de celle qui avait été faite pour létude de léthicité des enseignants38, avec cette impression finale toutefois que la C.E.V. ne peut vivre que si ses participants sengagent explicitement dans cette responsabilisation éthique ; ce qui, on le sait hélas, nest pas une nécessité pour les autres communautés éducatives. Je voudrais faire remarquer, pour conclure, que la structure éthique de la Communauté virtuelle éducative présente tous les caractères dune éthique appliquée de léducation : cest ce qui lui permet de communiquer avec les autres communautés à la fois éducatives non-virtuelles, mais aussi virtuelles non-éducatives. Il sera profitable de tenir à lesprit cette position-charnière de la C.E.V.
Les caractères de léthique appliquée, selon Kurt BAYERTZ39 :
- (Reconnaissance officielle dans luniversité allemande : 1992. En France ?...)
- Elle se développe sous la pression du développement technique et scientifique.
- Ne traite pas de cas particuliers mais de problèmes valides dans une communauté de pratiques
- Problèmes ayant un intérêt public.40
- Application des principes moraux aux problèmes moraux
éthique orientée vers des problèmes.
- Dans sa structure finalisée, reprend les problèmes publics et les outille conceptuellement comme problèmes éthiquement pertinents.
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PERRENOUD P., Métier délève et sens du travail scolaire, Paris, ESF, 1994.
PIAGET Jean, Le jugement moral chez lenfant, Paris, PUF, 1932.
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RAWLS J., Théorie de la Justice, Paris, Seuil, 1987.
RICOEUR P., Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
SEARLE J., Sens et expression, Paris, Minuit, 1982
WITTGENSTEIN L., De la certitude, Paris, Gallimard, 1965
1 D. MOREAU, La construction de léthique professionnelle des enseignants au cours de leur formation et de leur entrée dans le métier : la genèse dune éthique appliquée de léducation. Thèse de Doctorat en sciences de léducation, Université de Nantes, 2003.
2 E. LEVINAS écrit : « Le visage est exposé, menacé, comme nous invitant à un acte de violence. En même temps, le visage est ce qui nous interdit de tuer. Le visage est sens à lui seul.(
) Janalyse la relation interhumaine comme si, dans la proximité avec autrui, son visage était ce qui mordonne de le servir. En ce sens, je suis reponsable dautrui sans attendre la réciproque. » Ethique et infini, Paris, Fayard, 1982. Quen est-il dune « proximité sans visage » ?
3 Jean Itard a joué ce rôle : il est revendiqué comme précurseur par Maria Montessori et Ovide Decroly.
4 Elles visent léthicité comme orientation préférentielle vers des valeurs à atteindre, et non, déontologiquement comme des normes qui nous obligent. Ainsi ces valeurs sont-elles des buts quune institution peut se fixer au terme dun parcours de formation ; mais ces buts peuvent ne pas être purement éthiques, et leur détermination ne dit rien quant au moyens de les atteindre. Il est même fréquent que les moyens lemportent sur les buts. Par exemple, on peut penser que la religiosité est un moyen convenable pour favoriser la formation dun enseignant, parce que le véritable but dela formation est cette valeur même lorsquelle oriente la pratique professionnelle. Or ce choix est téléologique, et non éthique. Mais on peut dire la même chose dune laïcité dogmatique. Et peut-être y a-t-il une certaine piété dans lintroduction systématique des outils technologiques lorsquon pense que lusage seul de loutil va sanctifier les productions auxquelles il donne lieu
A contrario, une perspective déontologique pose demblée que les buts se présentent comme des obligations rationnelles qui simposent aux agents qui sengage dans une pratique donnée, et quon ne peut les atteindre par des moyens qui les contrediraient. Pour reprendre lexemple précédent, si lon pense que le but de lapprentissage est de doter les sujets de compétences qui leur permettent daccéder à lautonomie, il apparaît clairement que lon ne peut y atteindre par limposition dun dogme, ou la soumission à la pure autorité dun expert. Nietzsche écrivait : « nous sommes encore croyants, nous qui croyons à la grammaire »
Cela vaut pour la grammaire de loutil.
5 On commence à percevoir ce que pourraient être de tels systèmes de valeurs : « être collaboratif, respecter les normes, etc. » On se refuse cependant de comprendre pourquoi et comment les membres dune communauté produisent de telles normes.
6 Cf. MOORE G.E., Principia Ethica, Paris, PUF, 1998 ; Principia Ethica (1907), Cambridge University Press, 1994.
7 ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, Paris, Vrin, 1972.
8 Transcendantal est à entendre ici dans un sens phénoménologique : sur quel horizon de sens apparaissent les C.E.V ? Quest-ce qui fonde leur cohérence et permet de les rassembler comme orientées vers un même but ? Dans la mesure où cet horizon de sens est construit et détenu par les pratiques des communautés elles-mêmes, on emploiera, avec K.O. APEL (Expliquer et comprendre, Paris, Cerf, 2001) lexpression de « pragmatico-transcendantal », qui permet de saffranchir de toute arrière-pensée métaphysique et prescriptive : on ne peut expliquer les pratiques quen comprenant comment les praticiens sy adonnent et dans quel but. Ce qui implique quon se demande ce qui du réel organise le cadre de leur action, comment ils sy adaptent et le contourne. On est très près de e que DEWEY appelle le « continuum expérientiel ». (J. DEWEY,
9 Il faut noter au passage quun acte éducatif peut ne pas produire deffets déducation, contrairement à un acte thérapeutique qui produira toujours des effets, sinon des résultats. La cause en est que léducation ne vise pas à transformer un sujet (même si certaines formes dites « éducatives » le font, mais qui, pour cette raison-même, usurpent leur qualité), mais la relation que le sujet entretient avec le monde (Cf. A. BANDURA). Aussi, par un acte dune absolue liberté, le sujet peut-il refuser que cette relation soit remise en question. Cf. PLATON, BACHELARD, P. PERRENOUD.
10 Cf. M. ALTET, Les pédagogies de lapprentissage, Paris, PUF, 1997.
11 P. LIVET, La communauté virtuelle, Combas, Editions de léclat, 1994.
12 M. MEYER, De la problématologie, Bruxelles, Mardaga, 1986.
13 C. PERELMAN, E. DUPREEL.
14 M. MEYER, Questions de rhétorique, Paris, Le Livre de Poche, 1993.
15 Au-delà dune finalité phatique, les intervenants ont tous noté cette inflation messagère, qui semble bien liée à la compréhension pragmatique que les membres se font de leur communauté : ce nest pas communiquer pour se mettre en lumière (présence impossible !), mais pour soutenir de manière volontariste le projet.
16 Ce terme, désignait, dans la pensée grecque, la dissolution de la Cité par destruction de tous les liens familiaux, sociaux et politiques. Lucrèce fait ainsi le portrait saisissant de la Peste dAthènes. (De natura rerum)
17 « Dans une proposition contrefactuelle, on envisage une situation qui nest pas réalisée et on en tire les conséquences dans le monde ainsi transformé » J. PROUST, Vocabulaire de sciences cognitives, collect. Paris, PUF, 1998. Cf. également N. GOODMAN, Faits, fictions et prédictions, Paris, Minuit, 1984.
18 Cf. W.T. MITCHELL, Against Theory. Literary Studies and the New Pragmatism, op. cit.
19 Jean PIAGET, Le jugement moral chez lenfant, op. cit.
20 L. KOHLBERG, Essays on Moral Development, NewYork, Harper and Rows, 1981
21 Ce quil appelle la théorie reconstructrice.
22 J.L. AUSTIN, Quand dire cest faire, Paris, Seuil,1970
23 J. SEARLE. Sens et expression, Paris, Minuit, 1982
24 J. HABERMAS, De léthique de la discussion, Paris, Champs Flammarion, 1999
25 K.O.APEL, Ethique de la Discussion, op. cit.. Dans cet ouvrage, Apel expose clairement les conséquences du principe Ua dans le champ de la responsabilité politique, p.78-90.
26 H.G.MEAD, Mind, Self and Society, Chicago,University of Chicago Press, 1970
27 J. RAWLS., Théorie de la Justice, Paris, Seuil, 1987.
28 Cf. la Philosophie des enfants, par exemple.
29 Cf. D. DAVIDSON, W.O. QUINE.
30 Cf. P. RICOEUR, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
31 J. GREISCH, « Le principe déquité comme « âme » de lherméneutique », in Revue de Métaphysique et de Morale, Paris, n°1/2001.
32 En préservant la frange légitime dincompréhension. Cf. C. BERNER, « Aimer comprendre. Recherche sur les fondements éthiques de lherméneutique de SCHLEIERMACHER », in R.M.M. n°1/2001, op. cit.
33 Cf. R. DWORKIN, Lempire du droit, Paris, PUF, 1994.
34 H.G. GADAMER, Vérité et Méthode, Paris, Seuil, 1976 ; La philosophie herméneutique, Paris, PUF, 1996.
35 H.G. GADAMER, op. cit. 1996.
36 Cf. chez L. WITTGENSTEIN, De la certitude, Paris, Gallimard, 1965, lanalyse de la Lebensform.
37 Elle se distingue de la précédente en ce quelle réalise une herméneutique des situations et non plus des textes, ce que les puristes comme RICOEUR contestent, comme on le sait...
38 Cf. D. MOREAU, « Ethique et professionnalité des enseignants » in Traverse n°2 Nantes, 2002, pour en mesurer les différences.
39 BAYERTZ K., Quest-ce que léthique appliquée ? in : La vie des normes et lesprit des lois, collectif, L. SOSOE, dir., Montréal, Harmattan, 1998.
40 Cest-à-dire pouvant faire lobjet dun débat public.